Éloge de la "beauté de proximité" : "Contempler le monde est l’une des dernières choses qui n’a pas de prix"

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© INA FASSBENDER / AFP
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Dans "Rendez-vous à la ferme", Fanny Agostini explique qu'il n'y a pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour admirer la beauté qui nous entoure, et évoque le travail du photographe Christophe Lartige, qui s'applique à "redécouvrir la poésie du monde". 

Faut-il prendre un avion pour s'émoustiller d'un beau soleil ou d'une plante étonnante ? Non, répond notre chroniqueuse Fanny Agostini. Dans son "Rendez-vous à la ferme", elle vante mardi les mérites de la "beauté de proximité", celle qui nous entoure et qu'on a parfois tendance à oublier. 

"Nous avons tendance à penser que la beauté se trouve ailleurs. Nous sommes prêts à parcourir le monde pour découvrir de somptueux paysages, observer des animaux fabuleux ou des fleurs exotiques. Mais s’il s’agissait simplement de poser un regard légèrement plus insistant sur le monde qui nous entoure ? Et si le trèfle qui pousse à quelques pas de chez vous était tout aussi spectaculaire à regarder qu’une cascade d’Amérique du sud ?

"Capturer la magie de chaque chose"

Christophe Lartige, un photographe professionnel, a décidé d’orienter son objectif sur la "beauté de proximité", afin de capturer la magie de chaque chose, à commencer par les plantes de son jardin. C’est ainsi qu’il nous livre, sans filtres et sans retouches, en jouant simplement sur la profondeur, les clichés d’un monde secret qui pourtant se situe juste sous notre nez. On découvre alors des pissenlits, des pâquerettes ou des crocus sous un angle nouveau.

L’objectif de Christophe Lartige est clair : retrouver l’humain et redécouvrir la poésie du monde. Il souligne simplement la beauté telle qu’elle se trouve dans la nature, afin d’attirer notre attention sur les détails qui rendent notre quotidien tout simplement hors du commun. Il souhaite ainsi nous engager à faire plus attention, à nous émerveiller et à nous sensibiliser à la fragilité des phénomènes naturels, aussi petits soient-ils.

Illuminer les endroits qui manque d'éclat

À terme, il aimerait financer de grands tirages pour les mettre à disposition de tous, que ses photographies puissent profiter aux endroits qui manquent d’éclat et de douceur, comme les maisons de retraites, les hôpitaux, ou même les prisons. Elles pourraient même venir embellir les murs des écoles avec une dimension éducative, pour apprendre aux enfants le nom de ces plantes qui jalonnent les chemins que nous arpentons. Ne dit-on pas que connaitre les choses par leur nom les rend encore plus belles ? Contempler la beauté du monde est l’une des dernières choses qui n’a pas de prix, à nous de profiter de ce privilège et de nous émerveiller des spectacles que nous offre la Nature à chaque instant."

Europe 1
Par Fanny Agostini