"C'est très subi" : des maires obligés de jouer les prolongations à cause du coronavirus

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Certains maires, non candidats, se voient obligés de jouer les prolongations, le second tour des municipales ayant été reporté pour cause de coronavirus. 0:47
Certains maires, non candidats, se voient obligés de jouer les prolongations, le second tour des municipales ayant été reporté pour cause de coronavirus. © Jeff Pachoud, AFP
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Alors que le deuxième tour des élections municipales a été reporté pour cause d'épidémie de coronavirus, certains maires non-candidats à leur réélection sont forcés de rester en poste plus longtemps que prévu. C'est le cas de Christine Priotto, maire d'une petit commune drômoise qui devait céder sa place, dès lundi.
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Prolongations forcées pour certains maires. Dans quelque 5.000 communes, le second tour des élections municipales est reporté, sans doute à fin juin. La date exacte dépendra de l'évolution du contexte sanitaire et d'un rapport du conseil scientifique qui sera rendu au mois de mai. Conséquence de ce report, le mandat des maires en poste avant les élections est prolongé. Mais parmi eux, certains terminaient leur mandat et ne se représentaient pas.

 

"C'est subi, forcé, mais le devoir s'impose à vous"

S'ils pensaient en avoir bientôt terminé avec la vie politique, l’épidémie de coronavirus en a décidé autrement. "C'est très subi, très forcé, mais quelque part, le devoir s'impose à vous", concède Christine Priotto, maire (PS) de Dieulefit (Drôme). Maire depuis 2008, celle-ci s'apprêtait à achever son deuxième mandat et n'était pas candidate à sa réélection.

"Il faut que tu repartes pour quelque chose d'assez intense !"

Elle était ainsi censée être en vacances de la politique à partir de lundi prochain, après le second tout initialement prévu dimanche 22 mars. Commune rurale de 3.400 habitants, Dieulefit possède une clinique privée, deux Ehpad, un centre de santé avec cinq médecins libéraux, mais aussi des infirmières à domicile.

"Je m'étais un peu préparée plutôt justement à changer de vie, à avoir plus de temps", raconte-t-elle. "Et puis, quand on a été maire pendant douze ans, on se déprogramme un peu sur certains réflexes". Des réflexes qu'elle devra néanmoins conserver encore quelques temps, compte tenu de la crise sanitaire qui bouleverse le pays et inquiète nombre d'administrés."Ça fait sourire certains de mes concitoyens qui me disent 'ma pauvre, tu avais prévu de te mettre au repos, et en fait il faut que tu repartes pour quelque chose d'assez intense !"

Europe 1
Par Jean-Gabriel Bourgeois, édité par Pauline Rouquette