Des médecins écrivent à Edouard Philippe sur "une mise en danger de la vie d'autrui" par manque de moyens

, modifié à
  • A
  • A
Des médecins alertent Édouard Philippe sur l'impossibilité à remplir leur "mission de service public" © FRED DUFOUR / AFP
Partagez sur :

175 médecins de différentes régions et spécialités ont signé une lettre ouverte adressée au Premier ministre et rendue publique dimanche pour l'alerter sur la "dégradation exponentielle du service public hospitalier".

Des médecins affirment ne plus pouvoir remplir leur "mission de service public" par manque de moyens, et alertent sur "une mise en danger de la vie d'autrui", dans une lettre ouverte à Édouard Philippe rendue publique dimanche.

Une demande de rencontre avec Philippe. Dans ce courrier daté du 15 juin, les 175 signataires, médecins hospitaliers ou libéraux de différentes régions de France, demandent à être reçus par le Premier ministre, parce qu'une précédente requête à l'attention de la ministre de la Santé Agnès Buzyn est "restée sans réponse depuis septembre 2017".

Les signataires disent représenter les "plus de 1.350 confrères et consœurs de différentes spécialités et disciplines" qui avaient signé une précédente lettre ouverte à Agnès Buzyn. Celle-ci était née à l'initiative de médecins hospitaliers d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Une "mise en danger de la vie d'autrui". "Si nous faisons appel à vous de façon pressante, c'est parce que nous ne pouvons plus actuellement remplir notre mission de service public", écrivent les médecins à Édouard Philippe. "Nous vous alertons sur une mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger. Mise en danger de la population qui s'adresse à nous, et mise en danger des professionnels qui doivent remplir cette tâche sans en avoir les moyens", ajoutent-ils.

Une "dégradation exponentielle du service public". "Les décès médiatisés survenus récemment" ne sont pas de "faits isolés", mais des "signes patents de la dégradation nationale des services hospitaliers", estiment-ils, appelant à "réinjecter au plus vite dans le système de santé les moyens indispensables".

"Il s'agit de stopper immédiatement toute fermeture de lit, suppression de poste soignant et d'embaucher du personnel formé ou à former au plus vite. Il coûtera certainement très cher, trop cher de laisser poursuivre la dégradation exponentielle du service public hospitalier, aussi bien en tant que souffrance physique et psychique que financièrement", concluent-ils.