Des indépendantistes bretons partent en croisade contre les résidences secondaires

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Un collectif de jeunes indépendantistes bretons dénonce la spéculation immobilière en zone littorale. Ils promettent des actions "spectaculaires" cet été.

Dans l'Ouest de la France, 82% des appartements neufs vendus en bord de mer sont des résidences secondaires. Ce qui fait bouillir les jeunes indépendantistes bretons, membres du collectif Dispac'h ("révolte" en breton). Ils veulent partir à l'assaut de ces propriétaires qui les empêchent de s'installer en zone littorale. 

"Impossible de s'installer sur la côte". La croisade a débuté il y a quelques mois avec des affiches percutantes, placardés sur les volets clos des résidences secondaires du littoral breton : "Village en ruines, jeunesse en exil". "Il y a un manque de logements énorme du fait des résidences secondaires. Elles font aussi s'enflammer les prix. Aujourd'hui, pour les jeunes, c'est impossible de s'installer sur la côte", s'agace Ewan Thébaud, porte-parole du collectif Dispac'h, au micro d'Europe 1.

Pour l'instauration de quotas. Pour le militant, cette situation n'a que trop duré. "C'est le peuple breton qui se fait spolier sa terre. C'est révoltant car on n'a aucun contrôle là-dessus. Il n'y a pas de quotas qui peuvent être mis en place. Ce que l'on réclame, c'est que des outils soient mis à disposition des élus pour pouvoir enrayer cette économie du tout secondaire", plaide-t-il.

Faire fuir les résidents secondaires, "une erreur". Dans la station balnéaire de Carnac, dans le Morbihan, on dénombre 72% de résidences secondaires. Le maire, Olivier Lepick, reconnaît un débat légitime mais refuse de se tirer une balle dans le pied. "Les propriétaires des résidences secondaires payent des impôts et rapportent énormément à l'économie locale. Vouloir les surtaxer ou les faire fuir serait une erreur", estime l'édile. "Et si les habitants de Carnac bénéficient d'infrastructures qui sont celles d'une ville de 20.000 à 40.000 habitants, alors que nous n'avons que 4.500 habitants à l'année, c'est très largement grâce aux résidences secondaires", défend-il.

Après avoir couvert les volets clos d'affiches, les militants du collectif Dispac'h - les mêmes qui avaient appelé au boycott du film Bécassine - annoncent des "actions plus spectaculaires" cet été.