Des CRS se mobilisent symboliquement contre la réforme des retraites : "Nous avons un rythme de travail qui devient insoutenable, qui prend le pas sur la vie de famille"

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© Guillaume Biet pour Europe 1
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Symboliquement, plusieurs CRS ont déposé casques et matraques devant leur casernement à Pondorly, au sud de Paris, lundi matin. Par ce geste, ils ont voulu indiquer leur soutien à la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites.

Le CRS se mobilisent à leur tour face à la réforme des retraites, pour demander le maintien du régime spécial des policiers. À l'appel des syndicats Alliance et UNSA Police, environ 150 policiers ont symboliquement débrayé lundi vers 11 heures, devant leur casernement de Pondorly, au sud de Paris. Actuellement en mission en Île-de-France, ces CRS sont habituellement basés à Toulouse, Bordeaux, Limoges, Périgueux et au Mans. Par cette action, ils s'associent à la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites, car ils n'ont pas le droit d'y participer.

"Les CRS assureront leurs missions le 5 décembre mais après, ils suivront les mots d'ordre de leurs organisations syndicales. Leur colère grandit chaque jour. On veut des actes forts : la sauvegarde du statut du policier et du système de retraite", explique Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance.

Des compagnies épuisées

Par ailleurs, cette mobilisation symbolique s'inscrit dans le sillon d'une année 2019 marquée par une forte agitation sociale. "Depuis un an, avec le mouvement des 'gilets jaunes,' et les week-ends pendant lesquels nous avons été employés, nous avons un rythme de travail qui devient insoutenable, qui prend le pas sur la vie de famille", relève au micro d’Europe 1 Philippe, un CRS bordelais.

"La compagnie que je représente, sur le maintien de l’ordre du mouvement des agriculteurs [le blocage du périphérique parisien par un convoi de tracteurs le 27 novembre, ndlr] a fait une journée de travail de 21h30. Elle a commencé à 4h45 pour se terminer à 2h15", pointe ce policier. "Il est évident que, physiquement, on ne peut pas tenir indéfiniment comme ça."

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Romain David