"Des conditions d'hygiène épouvantables" : le centre pénitentiaire de Nouméa épinglé

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Adeline Hazan, contrôleure générale des prisons, interpelle mercredi en urgence la ministre de la Justice à propos du centre pénitentiaire de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Surpeuplé, sale, sans ventilation, cet établissement présente des conditions d'hygiène "épouvantables", dénonce-t-elle dans un rapport.

Il faut imaginer une prison de tôle. Deux tiers des cellules sont des containers, avec pour seules fenêtres des grillages, sans ventilation. À l'intérieur, c'est une véritable fournaise où s'entassent 330 détenus. Certains sont sur des matelas à même le sol. Les murs, sales, sont recouverts de tags. Les installations électriques sont défectueuses. Tout cela se trouve certes loin de Paris, mais en France tout de même. À Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.

"La prise en charge pénitentiaire ne peut être que défaillante"

Dans un rapport incendiaire publié ce mercredi au journal officiel, la contrôleure générale des prisons, Adeline Hazan interpelle en urgence la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sur l'état de cet établissement. Lors d'une visite inopinée réalisée en octobre, sept contrôleurs ont dressé un état des lieux déplorable. Leur supérieure réclame donc une réhabilitation du site.

"Compte tenu de la sur-occupation, qui tourne autour de 120% en permanence, la prise en charge pénitentiaire ne peut être que défaillante", justifie Adeline Hazan au micro d'Europe 1 en dénonçant "des conditions d'hygiène épouvantables". "L'accès aux douches est très parcellaire, malgré la chaleur et la promiscuité. Cela montre que souvent, les prisons outre-mer sont les oubliées de la République."

Le ministère de la Justice estime que la situation s'est améliorée

Il y a huit ans, le contrôleur général des prisons avait pourtant déjà tiré la sonnette d'alarme. Il y avait eu depuis quelques restructurations mais pas de solutions de fond. Le provisoire s'est installé. Aujourd'hui, les détenus restent parfois enfermés jusqu'à 22 heures sur 24 dans leur cellule, faute d'activité ou de formation. 

Mais Nicole Belloubet, de son côté, ne partage pas ce constat, estimant que la situation s'est largement améliorée depuis 2011. "Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 70%", écrit-elle, et des travaux de réfection sont engagés jusqu'en 2021.

Par Marion Dubreuil, édité par Margaux Baralon