Démantèlement d'une filière roumaine de proxénétisme, 15 suspects interpellés

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Dans l'Hexagone, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois ont été placées en détention provisoire.
Dans l'Hexagone, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois ont été placées en détention provisoire. © CHRISTOPHE SIMON / AFP
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La filière exploitait de "jeunes femmes roumaines acheminées en France (...) sous le contrôle de proxénètes pour le compte de chefs basés en Roumanie".

Dix suspects ont été interpellés en France, dont trois ont été incarcérés, et cinq à l'étranger, dans le cadre du démantèlement d'une vaste filière roumaine de proxénétisme et de traite d'être humains, a annoncé vendredi le parquet de Rennes.

L'argent servait notamment à acheter de voitures de luxe

Agissant sur l'ensemble de l'Europe, cette "organisation criminelle" exploitait de "jeunes femmes roumaines acheminées en France et contraintes à une prostitution de voie publique et hôtelière, sous le contrôle directe et permanent de proxénètes en France, agissant (...) pour le compte de chefs basés en Roumanie", indique le procureur adjoint Emmanuel Razous dans un communiqué de presse. L'argent tiré de la prostitution était envoyé "par mandats" aux "chefs de clan en Roumanie ou récupéré en France par ces derniers", selon la même source.

Sur trois ans, les sommes envoyées en Roumanie ont été estimées à 1,2 million d'euros et des mandats de 487.000 euros ont été identifiés depuis 2015. Cet argent servait à l'achat de voitures de luxe ou à des constructions immobilières.

Plus de six mois d'enquête

Mardi, une opération judiciaire coordonnée a été déclenchée en France, en Roumanie et en Allemagne, mobilisant notamment 150 gendarmes français. Dix personnes ont été interpellées en France et cinq à l'étranger. Dans l'Hexagone, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois ont été placées en détention provisoire.

"Les procédures de remise aux autorités françaises des personnes interpellées à l'étranger sont en cours", a précisé Emmanuel Razous dans le communiqué. Initiée en novembre 2018, l'enquête est conduite par un juge d'instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes, avec notamment les gendarmes d'Ille-et-Vilaine et de Loire-Atlantique (sections de recherches et groupements) et le soutien des unités européennes de coopération judiciaire et policière Eurojust et Europol.