LA QUESTION SEXO - Le confinement peut-il nuire au développement sexuel des ados ?

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Sexo 5:19
Dans "Sans Rendez-vous", Catherine Blanc répond à la question d'Hervé qui se demande si le confinement peut nuire au le développement sexuel des adolescents. © Pixabay
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Dans "Sans Rendez-vous", mardi, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc répond à la question d'Hervé qui s'inquiète de ne laisser quasiment aucune intimité à son adolescent de 16 ans, avec le confinement. Pour la spécialiste, les parents n'ont pas à avoir d'inquiétude sur le sujet, les adolescents étant "plein de ressources".

Doit-on laisser plus d'espace à ses ados en ces temps de confinement, pour ne pas interférer dans leur développement sexuel ? C'est ce que ce demande Hervé, qui s'inquiète que ce nouveau confinement ne laisse pas assez d'intimité à son adolescent. Dans Sans rendez-vous, mardi, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc explique que les parents ont toutes les raisons d'être inquiets pour la sexualité de leurs enfants mais qu'il ne faut pas pour autant interférer dans leur développement. 

La question d'Hervé

"J’ai trois enfants, dont un de 16 ans. Je sais que c’est l’âge des premières fois, où on découvre son corps, sa sexualité. Et je m’inquiète car avec la situation actuelle, il n’a presque pas d’intimité. Toute la famille est dans l’appartement en permanence. Qu’en pensez-vous ?"

La réponse de Catherine Blanc

L’adolescence est un moment où on découvre des choses, où on est à mi-chemin entre l’enfance - qu’on peine à quitter - et le temps de l’adulte avec toutes les aventures, dont la sexualité est la principale préoccupation. C’est vrai que c’est compliqué. C’était aussi vrai avant le confinement car nous sommes dans des familles aujourd’hui réduites et où il y a de la proximité, rendant l’aventure de la sexualité un peu plus compliquée. Cette proximité avec les parents est compliquée car l’enfant a peur de mélanger sa préoccupation et sa découverte sexuelle avec la présence parentale, même symbolique.

Hervé à raison de se poser la question, surtout en temps de confinement où les parents n’arrivent pas à 20 heures, où ils sont là toute la journée en télétravail et les cloisons sont en papiers mâchés, ou presque. Effectivement, où est-ce qu’on invite une petite copine ou même, comment est-on libre de découvrir son propre corps sans craindre que tout d’un coup, les portes ne s’ouvrent ?

C’est plus compliqué mais ce n’est pas impossible. Est-ce que ça doit être une source d'angoisse pour les parents ?

La première des choses, c'est de ne pas de se mêler de la sexualité de nos enfants. On ne doit pas être en train de se dire "c’est là qu’il devrait vivre". Les enfants ont chacun leur rythme. Ils sont souvent déjà bousculés par la société et la société de leurs pairs, celle avec laquelle ils évoluent. Ce n’est pas la peine que les parents en rajoutent. En revanche, ce que je trouve plus inquiétant, c’est qu’en ce moment, ils n’ont pas beaucoup d’échappées et que la jeunesse est plus dépressive en ce moment. Elle est souvent sur des écrans, vit en décalée car elle se couche plus tard.

Il ne faut pas s’inquiéter de la période actuelle ?

Il ne faut pas s'inquiéter et surtout ne pas être excessif, très paternant ou maternant. On ne peut pas vouloir d’un coté que les enfants s’ouvrent et grandissent, mûrissent et fassent leurs expériences tout en étant sur leur dos parce que le contexte actuel a fait que les espaces ont rétréci et du coup, on s’occupe de nos petits. Ils ne sont plus petits et ils font leur vie.

Europe 1
Par Catherine Blanc