Chine : un artiste et son épouse française injoignables après un hommage à Liu Xiaobo

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Selon un média hong-kongais, ils auraient été emmenés par des policiers après avoir exposé une oeuvre en hommage au Prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo.

Un artiste et son épouse française ne donnent plus de nouvelles depuis une semaine, après avoir subrepticement exposé en Chine  une oeuvre en hommage au prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, dont le nom reste tabou, a-t-on appris vendredi auprès de proches.

Une chaise vide devant des barreaux. Le 15 décembre, Hu Jiamin et Marine Brossard sont parvenus à exposer une fresque montrant une chaise vide devant des barreaux, à l'entrée d'une exposition dans la grande ville de Shenzhen, avant que les autorités ne recouvrent l'oeuvre, ont indiqué des témoins. La chaise vide évoque la mémoire de Liu Xiaobo, le dissident enfermé par le régime communiste pendant huit ans pour avoir réclamé la démocratie en Chine. Dans l'impossibilité de se rendre en Norvège pour recevoir son prix en 2010, il avait été représenté à la cérémonie par une chaise vide. Il est mort en détention en juillet dernier.

Aucune réponse par mail ou par téléphone. "Nous tentons de les joindre. Nous ne comprenons pas ce qui se passe", a déclaré un ami de longue date du couple, qui a requis l'anonymat par mesure de sécurité. Il a ajouté que la nationalité de Hu Jiamin n'était pas certaine. Marine Brossard ne répond pas à son adresse courriel et les appels sur le téléphone de Hu Jiamin tombent sur un message selon lequel l'appareil est éteint. Le couple, domicilié à Lyon, dans l'est de la France, où Hu Jiamin a inscrit une entreprise de création artistique, s'était rendu sur place pour participer à la Biennale d'urbanisme et d'architecture Shenzhen-Hong Kong, selon des témoins.

Emmenés par des policiers. Un quotidien de Hong Kong, Ming Pao, a rapporté qu'un de ses journalistes présent à l'exposition avait vu l'artiste et sa femme en train de crier alors qu'ils étaient emmenés par des policiers en civil le 15 décembre au soir. La police de Shenzhen a assuré n'avoir aucune information sur le couple, de même que le ministère chinois des Affaires étrangères. L'ambassade de France à Pékin se refusait à tout commentaire sur ces informations.