Carburants : les automobilistes septiques face aux annonces du Premier ministre

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[Romain Gautier/AFP]

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé mercredi soir la libération de 10 millions de barils de gazole sur trois mois. Cela doit permettre une baisse de 12 à 18 centimes du prix du litre à la pompe. Une mesure mitigée pour les automobilistes rencontrés par Europe 1.

Près de Lyon, les annonces de Sébastien Lecornu pour baisser momentanément les prix du carburant sont appréciées, mais ne suffisent pas. "Ça fait toujours du bien. Même si ce n'est pas grand-chose, sur un plein, c'est toujours bon à prendre. À partir du moment où ça monte, ça ne redescend jamais", exprime Tony, retraité.

Un geste loin d'être suffisant pour Teddy et Belkacem, des professionnels qui font leur plein de gasoil à 2,34 euros le litre. "Ce n'est pas assez, ils pourraient certainement faire un petit peu mieux. On va payer les stocks beaucoup plus chers que ce qu'ils avaient acheté auparavant. Au final, ce n'est pas forcément l'affaire du siècle", lancent les deux hommes. "Qu'est-ce que ça va changer sur le panier de quelqu'un qui touche 1.200 ou 1.300 euros ? Dix euros, qu'est-ce que ça va permettre ?", s'interrogent-ils.

Une solution insuffisante pour les entrepreneurs

Un sentiment partagé par Guillaume, un élagueur obligé de faire le plein de son camion à 2,46 euros le litre de gasoil. "Ça ne change rien. Ce n'est pas assez en tout cas. Avant, on payait le gasoil à 1,70, ou 1,80 et maintenant, il est passé à 2,46. Ils sont en train de nous saigner. Ils pourraient faire tellement plus. En Espagne, ils y arrivent, en Italie, ils y arrivent, mais en France, non", s'énerve Guillaume qui assume de ne plus pouvoir partir en week-end. "Il ne faut pas s'étonner si la France descend dans la rue", ajoute-t-il.

Ce geste du gouvernement risque donc de ne pas beaucoup se sentir à la fin du mois, et il aura du mal à calmer la colère du pays.