Biodiversité : la population mondiale d'animaux sauvages s’est effondrée de 73% depuis 1970, selon WWF

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En 2025, la tortue verte est devenue la première tortue marine à voir son statut passer de "En danger" à "Préoccupation mineure" sur la Liste rouge de l'UICN, indique le rapport. [Raul ARBOLEDA / AFP]

Publié ce jeudi 8 octobre par WWF, la nouvelle édition du rapport "Planète vivante" confirme "le déclin de nombreuses populations de vertébrés sauvages" dans différentes régions du monde.

La biodiversité s'effondre à une vitesse préoccupante, confirme un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) dévoilé ce jeudi. L'ONG suit depuis près de 30 ans l'évolution du vivant à l'échelle mondiale. Entre 1970 et 2022, les 35.803 populations d'animaux sauvages étudiées ont décliné de 73 % en moyenne.

"Les trajectoires diffèrent fortement selon les régions, les espèces et les milieux", nuance l'ONG, qui rappelle que certaines populations "restent stables ou progressent". Car si le rapport dresse un constat préoccupant pour la biodiversité, il se veut aussi encourageant.

"Un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité"

Pour cette édition 2026, l'Indice Planète Vivante, qui mesure "l'évolution moyenne de la taille des populations sauvages d'espèces vertébrées au fil du temps", repose sur le suivi de 5.790 espèces et 35.803 populations. D'autres indicateurs permettent d'évaluer ce déclin, comme l'Indice d'intégrité de la biodiversité qui calcule "la part de la biodiversité d'origine d'une région qui subsiste par rapport aux conditions préindustrielles".

Ces données montrent une accélération du phénomène, "à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité", et permettent de mieux cerner l'impact de l'activité humaine : "Les espèces disparaissent aujourd’hui à un rythme au moins 100 fois supérieur, voire davantage, au taux d'extinction naturel d'avant l'apparition de l'homme", explique WWF dans son rapport. 

Par ailleurs, le rapport met en évidence des disparités selon les régions. La situation en Amérique latine et aux Caraïbes est particulièremet inquiétante, avec une baisse de 95% de la taille des populations suivies depuis 1970. Si la dégradation est moins spectaculaire en Europe et en Amérique du Nord, affichant une baisse à 23% et 28%, "une grande partie de la biodiversité [de ces régions] se trouvait déjà dans un état plus affaibli dès 1970, année de référence", pointe le rapport.

Un message d'espoir

"Face au déclin, l'espoir est plus qu'un sentiment : c'est un processus qui nous donne les moyens d'agir", souligne WWF sur la page de présentation du rapport. Certaines espèces sont même de retour, grâce à l'action des collectivités locales, des gouvernements et des organismes de protection. Le nombre de tigres sauvages est, par exemple, passé de 3.200 à 5.700 dans le monde entre 2010 et 2025, soit un augmentation de plus de 70%. 

Le rapport cite également les populations de thons rouges de l'Atlantique et du Pacifique. Considérés comme menacés en raison de la surpêche, les stocks sont désormais rétablis, alors que des politiques ont été mises en place à l'échelle mondiale pour protéger les éspèces marines. "Là où les humains se sont engagés, la faune sauvage est revenue", insiste WWF, qui veut véhiculer un message d'espoir.