Amphithéâtre occupé pour des migrants : la présidente de Lyon-2 en appelle à l'État

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Une évacuation de l'université Lyon-2 en 2007.
Une évacuation de l'université Lyon-2 en 2007. © FRED DUFOUR / AFP
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"Entre la dignité humaine et le sens profond de nos missions (...) nous ne voulons pas choisir", s'insurge la présidente de Lyon-2, qui se plaint de l'absence de réponse de l'État.

Un amphithéâtre de l'université Lumière Lyon-2 à Bron, dans la banlieue lyonnaise, est occupé depuis jeudi par des étudiants qui y "logent" une cinquantaine de migrants, une situation "indigne" pour la présidente de l'établissement qui en a appelé à l'État lors d'une conférence de presse mardi.

"Ces migrants sont livrés à eux-mêmes". "L'université devrait choisir entre mettre à la rue ces gens", "entre la dignité humaine et le sens profond de nos missions (...) nous ne voulons pas choisir", a lancé la présidente de Lyon-2 Nathalie Dompnier. "Ces migrants sont livrés à eux-mêmes. Ce qui nous frappe aujourd'hui, c'est l'incurie des autorités publiques, l'absence de réponse de l'État", a expliqué cette professeure de sciences politiques en appelant "aux responsabilités des uns et des autres".

Ils occupent l'amphi C depuis jeudi. Le 10 novembre, une plateforme à la gare Part-Dieu sur laquelle dormaient des dizaines de migrants venus d'Afrique de l'Ouest dont de nombreux mineurs a été évacuée. Face à cette situation, des étudiants de Lyon-2 ont décidé d'occuper depuis jeudi "l'amphi C" du campus de Bron et d'y accueillir entre quarante et cinquante de ces migrants dont une famille avec deux enfants scolarisés dans une école lyonnaise.

Les étudiants se relayent pour leur apporter de l'aide. Des dizaines d'étudiants se relayent auprès d'eux, très organisés : des dizaines de matelas rangés dans un coin, une cuisine avec quatre plaques de cuisson, des listes aux murs très précises indiquant les matériels et denrées nécessaires et les dates des rendez-vous en préfecture des migrants, ainsi que des assemblées générales quotidiennes.

"Ça se passe aussi bien que ça peut se passer". Même si "les conditions d'hébergement ne sont pas satisfaisantes", les étudiants qui mènent cette occupation "ont un sens évident des responsabilités. Ça se passe aussi bien que ça peut se passer", a souligné la présidente. De nombreux contacts ont été pris avec des associations et les collectivités mais tous les lieux d'hébergement d'urgence sont saturés et seules les familles avec femme enceinte ou nourrisson ont une chance d'être logées.