Addiction au jeu vidéo : les éditeurs mobilisés contre l'OMS

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Le "gaming disorder" sera introduit dans la prochaine Classification internationale des maladies (CIM), en juin 2018. © THOMAS SAMSON / AFP
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Alors que l'OMS s'apprête à classer l'addiction au jeu vidéo comme maladie, les grandes fédérations d'éditeurs à travers le monde pointent un "manque de soutien scientifique objectif".

Les grandes fédérations d'éditeurs de jeux vidéo dans le monde ont appelé jeudi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à revenir sur sa décision de classer prochainement l'addiction au jeu vidéo comme maladie.

"Le processus de l'OMS manque de transparence". Dénommée "trouble du jeu vidéo", cette pathologie se caractérise par un comportement anormal lié à ce divertissement, dont la place dans la vie de l'individu devient grandissante au détriment de ses autres activités, avait précisé en janvier l'OMS. Selon les experts de l'Organisation mondiale de la santé, un individu doit montrer une addiction anormale au jeu pendant au moins un an avant d'être diagnostiqué comme souffrant de ce trouble. "L'opposition mondiale à la classification controversée et non démontrée de l'OMS du 'trouble du jeu vidéo' continue de s'étendre. (...) Le processus de l'OMS manque de transparence et de soutien scientifique objectif. Nous insistons sur la nécessité d'y mettre fin", relève Simon Little, directeur général de la Fédération européenne des éditeurs de jeux vidéo, dans le communiqué.

Le trouble remis en cause par des chercheurs. Cet appel rassemble également les représentants du secteur aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Corée du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ils s'appuient sur un article à paraître, selon eux, en mars dans la revue scientifique Journal of Behavioral Addictions. Dans cette publication titrée "une base scientifique faible pour le trouble du jeu vidéo : restons du côté de la prudence", 36 chercheurs remettent en cause la décision de l'OMS. "Le trouble du jeu vidéo est un concept relativement nouveau et les données épidémiologiques dans la population n'ont pas encore été rassemblées", soulignait pour sa part un porte-parole de l'OMS en janvier. Mais "les experts de la santé sont d'accord pour dire qu'il y a un problème" et que la prochaine inclusion du "gaming disorder" dans la Classification internationale des maladies (CIM) est une étape "appropriée", avait-il affirmé.