À Mantes-la-Jolie, les lycéens ont "tous envie de se venger"

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Marqués par les images des interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie, agenouillés et mains derrière la nuque, les élèves ne comptent pas baisser les armes.
REPORTAGE

Le mouvement de contestation lycéenne contre une série de mesures gouvernementales ne faiblit pas. Lundi, selon le ministre de l'Éducation nationale, 450 lycées ont subi des perturbations, dont 50 ont été complètement bloqués, en banlieue parisienne, à Grenoble, Saint-Étienne, Strasbourg, dans l'académie d'Aix-Marseille ou encore en Loire-Atlantique. Qu'en sera-t-il mardi, alors que le syndicat lycéen UNL-SD a appelé à un "mardi noir" dans tous les lycées ?

"C'est l'injustice". Dans ce contexte, les lycées Saint-Exupéry et Jean-Rostand de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, attirent particulièrement l'attention. La semaine dernière, l'arrestation de 151 lycéens, agenouillés et mains derrière la tête avait choqué. Ce jour-là, l'appel au blocage avait été largement relayé sur les réseaux sociaux. Pas cette fois, selon Karim, qui insiste malgré tout. "Personne n'est content. On a tous envie de se venger. Les forces de l'ordre peuvent se permettre de faire ça, car ils savent très bien que la plupart des élèves sont des gens de banlieues. Si ça avait été dans l'établissement Henri IV ou dans le 16e arrondissement, ils n'auraient jamais eu le courage de faire ça. C'est l'injustice", tonne-t-il.

"Ça peut dégénérer très vite". Les poubelles, les voitures en feu, puis ces arrestations humiliantes… Mamadou, dégoûté, affirme avoir assisté à toute la scène et est bien déterminé à agir en conséquence. "On veut leur montrer que malgré ce qu'il nous ont fait, on est encore là. Quand on est tous ensemble, il y a l'effet de groupe et on perd toute morale, toute limite, et ça peut dégénérer très vite", lance-t-il comme un avertissement. Un peu plus loin, Ayoub résume : "Un jour où l'autre, ça va péter… Ça va casser !"

Les propos de ces lycéens sont souvent provocants, parfois surjoués, mais il suffirait d'un simple feu de poubelle pour que la situation dérape.

Contre Parcoursup, la réforme du bac ou le SNU

Les lycéens mobilisés réclament la suppression d'une série de mesures annoncées, pour certaines déjà mises en oeuvre, comme Parcoursup (la procédure qui donne accès aux études supérieures), la réforme du bac ou la mise en place du service national universel (SNU). C'est le mouvement des "gilets jaunes" qui a permis à cette mobilisation de surgir la semaine dernière. 

Les lycéens ont été rejoints par quelques étudiants, mobilisés contre la hausse des frais de scolarité annoncée pour les jeunes n'appartenant pas à l'Union européenne. Cinq sites universitaires sont restés fermés lundi (Paris 1-Tolbiac, Paris 3-Censier, Nanterre, Rennes-2 et Avignon), selon le ministère de l'Enseignement supérieur.