Les internats non mixtes bientôt fermés ?

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avec Nicolas Chauvin , modifié à
La Halde a fait cette préconisation, pour ne pas discriminer certaines élèves de "prépas".

C’est un héritage du passé que la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, souhaite voir disparaître. Certains des internats qui accueillent aujourd’hui les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles sont toujours non mixtes. Au détriment des jeunes filles qui n'ont accès qu'à 35% des places disponibles.

"Une discrimination fondée sur le sexe"

Jusque dans les années 70, certains des lycées qui accueillent en leur sein ces classes "prépas" étaient non mixtes. Et les internats qui hébergeaient leurs élèves aussi, avec plus de lits disponibles pour des garçons. Depuis, les lycées sont devenus mixtes, mais pas certains internats, ce qui réduit de fait le nombre de places disponibles pour les jeunes filles. Selon le collectif d’associations baptisé Ouvrons les portes !, sur 16 académies, les deux tiers des places dans ces internats sont réservées aux garçons.

"Le refus à des filles inscrites en classe préparatoire d’accéder à l’internat du lycée où elles sont inscrites est susceptible de constituer une discrimination fondée sur le sexe interdite par l’article la loi du 27 mai 2008", analyse la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité dans une décision rendue publique lundi.

Pire, "le maintien d’internats non mixtes ne permet pas de favoriser la mixité filles/garçons dans l’orientation même des étudiants selon les filières scientifiques, économiques et littéraires", estime la Halde. Les filles qui n'ont pas de places en internat doivent payer cher pour trouver un logement. Celles qui n'ont pas les moyens doivent multiplier les allers-retours, avec le risque de mettre en danger leurs études.

Le changement est en route...

Pour remédier à cette situation, la Halde recommande tout simplement d’en finir au plus vite avec les internats non mixtes. Et de prévoir, en attendant notamment que les travaux d’aménagements nécessaires soient terminés, des solutions d’hébergement temporaires.

Plusieurs lycées ont commencé leur mue en ce sens. A la rentrée de septembre, c’est l’internat du prestigieux lycéen parisien Henri IV, déjà visé par la Halde dans le passé, qui est devenu mixte. En Ile-de-France, la région a demandé à tous les lycées concernés de "tendre vers la parité à la rentrée 2011". Le ministère de l'Education nationale table, pour sa part, sur une parité à l'horizon 2015.