La précarité gagne du terrain

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Fabienne Cosnay (avec agences) , modifié à
Dans son rapport, le Secours catholique relève une augmentation de la pauvreté, due à la crise.

De plus en plus de pauvres, souvent jeunes, étranglés par des fins de mois difficiles. C’est le nouveau visage de la précarité qui se dessine en France, selon le rapport annuel du Secours catholique rendu public mardi. Une année 2009 marquée par la crise économique qui est venue encore un peu plus fragiliser certaines catégories de la population.

Les chiffres. En 2009 et pour la seconde année consécutive, le nombre de personnes accueillies par le Secours catholique est repartie à la hausse pour atteindre les 1,48 million de personnes, soit 80.000 de plus qu'en 2008. Dans 94% des cas, les personnes aidées vivent sous le seuil de pauvreté, établi à 950 euros par mois. La pauvreté en France touche aussi de plus en plus de jeunes : 11% ont moins de 25 ans, la moitié à moins de 40 ans.

Les actifs touchés. Les familles monoparentales ne sont plus les seules touchées par la crise. Dans son rapport, le Secours catholique relève que la part des couples avec enfants augmente (21,8% des situations rencontrées par l’association contre 20,5% en 2008). Phénomène alarmant : les actifs représentent 62% des personnes accueillies par l’association dont 41,9% qui cherchent un emploi.

Les ressources. Point commun à toutes ces personnes : l'extrême faiblesse de leurs ressources, insuffisantes pour faire face aux dépenses courantes, encore plus aux dépenses imprévues. En décortiquant les budgets de 1.163 ménages vivant non pas dans la grande exclusion mais dans une "pauvreté ordinaire", le Secours catholique évalue le revenu mensuel médian à 759 euros hors aides au logement.

La répartition des dépenses. Les frais incompressibles, tels que le logement, l'énergie, le transport, ceux liés aux enfants, représentent pour les ménages en difficulté une part très élevée de leur budget, en moyenne 515 euros, soit 68% du budget. A cela, s'ajoutent les dépenses dites "souples" comme l'alimentation et l'habillement puis les dépenses dites "exceptionnelles" qui concernent la santé, l'entretien du logement et encore le véhicule. A la fin du mois, en moyenne, le compte courant est à moins 141 euros. Une pauvreté qui s’explique par "la faiblesse des revenus" explique Pierre Levené, secrétaire général du Secours Catholique.

Les propositions. Fort de ce constat, le Secours catholique dresse une liste de propositions bien connues depuis des années : relever les minima sociaux et revaloriser les aides publiques au logement, favoriser les contrats à temps plein et la formation. Et pour les ruraux, "créer un environnement plus porteur" avec davantage de places en crèche et des moyens de transports plus accessibles (transports publics ou financement via des microcrédits de véhicules).