La CGT met en garde les présidentiables

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avec Olivier Samain , modifié à
Bernard Thibault a brocardé Nicolas Sarkozy mais aussi prévenu les autres candidats.

Bernard Thibault, a réuni ses troupes mardi au Zénith de Paris pour sa dernière année en tant secrétaire général de la CGT et pour parler réforme des retraites mais pas seulement. Contexte social oblige, le premier des Cégétistes est sorti du stricte cadre syndical pour évoquer l’élection présidentielle. Le président Nicolas Sarkozy a en a pris pour s’en grade mais les autres candidats ont également été rappelés à l’ordre.

Un traitement spécial pour Nicolas Sarkozy

Bernard Thibault s’est rapidement lancé dans une violente charge contre Nicolas Sarkozy, ovationné par les 6.000 participants qui ont hué systématiquement le nom du président de la République.

"Je crois pouvoir dire sans trop m'avancer, vous aurez du mal, Monsieur le futur candidat, à trouver dans cette salle et chez ceux qui nous écoutent, beaucoup de supporteurs pour vous aider à rempiler cinq ans de plus à l'Elysée", a-t-il déclaré.

Ne pouvant faire, faute de temps, "la liste" de toutes "les mesures anti-sociales" de Nicolas Sarkozy, Bernard Thibault a promis de "s'exprimer prochainement" sur le "bilan peu glorieux" du président sortant dans un tract qui sera diffusé massivement.

La CGT liste les partis jugés antisociaux

Bernard Thibault a ajouté que "la CGT sait faire la distinction dans l'attitude des partis politiques : il y a ceux qui font preuve de compréhension, voire de soutien à nos combats syndicaux, et ceux qui les ignorent ou sont responsables de nos colères".

Marine Le Pen et le FN en font visiblement partie. "Elle dit aujourd'hui être favorable à la retraite à 60 ans" alors qu'en 2010 elle plaidait pour le recours à la force contre les "émeutiers". "Le vrai visage du Front national en dehors des périodes électorales c'est toujours le camp du capital", a-t-il ajouté.

Les autres candidats rappelés à l’ordre

Bernard Thibault n’a pas pour autant oublié de rappeler à l’ordre les autres candidats, promettant d’être vigilants sur le contenu de leurs programmes. Certains ont bien entendu le message puisque Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Philippe Poutou (NPA) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et deux représentant de François Hollande étaient dans la salle.

"Entendez cette aspiration à rétablir la justice sociale", leur a-t-il lancé "en toute amitié", tout en rappelant que ni lui, ni la CGT, ne soutenaient un candidat. Puis il est revenu à l’actualité sociale, qualifiant "d'arnaque" la TVA sociale et d'"opération de sabotage du droit social" les accords compétitivité-emploi. Puis Bernard Thibault a appelé à une "puissante mobilisation" le 29 février "pour dire non à l'austérité".