LA QUESTION SEXO – Refouler ou réaliser, que doit-on faire de nos fantasmes ?

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Les fantasmes érotiques existent chez chacun d’entre nous, mais on ne sait pas toujours quoi en faire.
Les fantasmes érotiques existent chez chacun d’entre nous, mais on ne sait pas toujours quoi en faire. © PIXABAY
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Les fantasmes érotiques existent chez chacun d’entre nous, mais on ne sait pas toujours quoi en faire. Dans l'émission "Sans Rendez-Vous", sur Europe 1, le docteur et sexologue Damien Mascret livre quelques conseils pour explorer plus sereinement sa sexualité.

Ils peuvent créer l’embarras, parfois la honte, mais les fantasmes sont présents dans l’imaginaire de chacun d’entre nous. Vendredi, dans l'émission Sans Rendez-vous", le docteur Damien Mascret livrait ses conseils pour mieux vivre avec ces bulles d’excitation créées par notre imagination.

Est-ce que tout le monde a des fantasmes ?

"Tout le monde en a ! Parfois notre cerveau ne veut pas en produire, dans ce cas le problème se traite, mais parfois notre vie affective et sexuelle nous suffit. Donc on ne voit pas pourquoi y recourir. Certains ont des fantasmes sans le savoir : si vous repensez votre dernier rapport sexuel ou si vous imaginez la façon dont votre partenaire va vous caresser, vous êtes en train de fantasmer et vous alimentez votre imaginaire érotique. Parfois ce sont des fantasmes sous la forme de fragment de scènes, de visages, de parties du corps.

Ce qui est constant avec les fantasmes c’est que l’on est souvent embarrassé par eux. On a une éducation assez lourde en matière de sexualité. Ça peut même entrer en contradiction avec votre éducation ou votre morale. Avec l’idée que vous vous faites de ce qui doit se passer entre deux partenaires, ça peut être culpabilisant. Cela peut être quelque chose qui pose une difficulté parce que vous ne savez pas quoi en faire : si vous êtes fidèles parce que c’est une valeur importante dans votre couple et que vous fantasmez sur un trio, ou plus, alors vous culpabilisez."

Faut-il les réaliser ?

"Il n’y a ni obligation, ni interdiction (si ce n’est celle de la loi). Veillez aussi à ne pas vous mettre en danger ! Dans le cas du fantasme, on maîtrise tout… alors que dans la réalité ce n'est pas le cas. Ne pensez pas que le pouvoir érotique du fantasme va s’épuiser si vous le réalisez. C’est souvent le fruit de notre histoire intérieure et intime, ça ne s’épuisera pas. Dans le cas où ça s’épuiserait, vous en créerez des nouveaux. Ce qui est sûr c’est qu’on ne choisit pas ce qui nous excite."

Doit-on partager ses fantasmes avec son ou sa partenaire ?

"Cela dépend de votre partenaire. Il faut qu’il ou elle comprenne que cela ne reflète pas votre identité, votre valeur en tant qu’individu, mais seulement ce qui vous excite et que vous ne l’avez pas choisi. C’est un terrain de jeux fascinant à explorer entre adultes consentants mais il faut comprendre si vous partagez le fantasme de quelqu’un quelle est sa dynamique. 

Le fantasme peut simplement s’évoquer, par des petits gestes ou par des mots. Avec eux, vous activez la zone fantasmatique, la zone érogène dans le cerveau. A partir du moment où vous dites un mot, vous créez quelque chose."

Europe 1
Par Damien Mascret