Financement de la sécurité sociale : les retraites seront revalorisées en-deçà de l'inflation

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 "Nous avons décidé d'augmenter toutes les prestations mais selon des taux différenciés", a justifié la ministre de la Santé.
"Nous avons décidé d'augmenter toutes les prestations mais selon des taux différenciés", a justifié la ministre de la Santé. © BERTRAND GUAY / AFP
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L'Assemblée a voté la mesure controversée dans la nuit de vendredi à samedi, malgré les mises en garde des oppositions. 

L'Assemblée nationale a voté dans le courant de la nuit de vendredi à samedi une revalorisation de certaines prestations sociales dont les retraites en deçà de l'inflation, une mesure controversée du projet de financement de la sécurité sociale pour 2019.

Les minimas sociaux pas concernés. "Le présent article prévoit, au cours des deux prochaines années, une revalorisation de certaines prestations sociales (pensions versées par l'assurance vieillesse et allocation familiales) de 0,3 % par an", dit le texte. Un montant bien en deçà de l'inflation. Les minima sociaux ne sont pas concernés par cette disposition et évolueront eux en fonction de l'inflation. Certaines prestations bénéficieront cependant d'une revalorisation exceptionnelle. C'est le cas notamment du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé.

"Une politique du rabot" pour l'opposition. La limitation de la revalorisation des retraites a focalisé les critiques. "Cette mesure est sûrement la plus contestable du projet de loi du point de vue du pouvoir d'achat d'un grand nombre de nos concitoyens. Plutôt que de revalorisations, on doit parler d'un quasi-gel, l'inflation se situant entre 1,7 et 2% en 2019. Il y aura beaucoup de perdants parmi les retraités", a dénoncé Gisèle Biémouret (PS). Pour Nathalie Bassire (app-LR), les familles ne devraient "pas servir de variable d'ajustement budgétaire". Le député Alain Bruneel (PCF) a lui dénoncé "une politique du rabot qui fait baisser le pouvoir d'achat sur le dos des retraités et des familles".

"Des choix politiques" pour le gouvernement. "Nous avons décidé d'augmenter toutes les prestations mais selon des taux différenciés. Nous nous sommes focalisés sur les prestations qui nous semblent les plus importantes pour les personnes les plus vulnérables", a justifié la ministre de la Santé Agnès Buzyn rappelant certaines avancées du projet de loi comme le "reste à charge zéro" qui bénéficieront aussi aux retraités. "Personne n'est une variable d'ajustement, nous faisons des choix politiques, nous choisissons qui nous aidons prioritairement, on ne peut pas augmenter le budget de l'État à l'infini", a-t-elle fait valoir.