Coronavirus : "Il serait temps de passer en phase 3", estime Patrick Pelloux

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Le président de l'Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, a appelé les autorités à décréter le "stade 3" de l'épidémie de coronavirus, samedi. Interrogé sur Europe 1, le professionnel de santé a par ailleurs rappelé quelques consignes à respecter pour les personnes qui se pensent infectées.
INTERVIEW

Prendre la mesure de la gravité du coronavirus, sans céder à la panique. Voilà, en somme, le message que Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, a voulu faire passer samedi sur Europe 1. "Il serait temps de dire que nous sommes en phase 3" de l'épidémie, a-t-il estimé, pointant déjà le risque de saturation des hôpitaux, notamment celui de la Salpêtrière à Paris. "Cela va nous permettre d'avoir la possibilité d'activer des plans d'afflux massifs dans les hôpitaux et de réorienter" les patients.

 

Des tests uniquement pour les cas graves et les soignants

Dans les faits, certaines mesures inhérentes à ce fameux "stade 3" sont déjà en place, comme le fait de ne plus dépister que les patients dans un état grave. À ce titre, Patrick Pelloux rappelle que "nous ne faisons plus de prélèvements automatiques". Notamment parce qu'"il faut que les personnels soient en forme, [donc] on garde les tests pour eux".

 

Pour les personnes présentant des symptômes légers, comme un peu de fièvre ou le nez qui coule, et qui n'ont pas une santé particulièrement fragile, "il faut juste qu'elles consultent et appellent leur médecin traitant", souligne l'urgentiste. "Inutile d'appeler les urgences ou le 15, cela embouteille le standard et on n'arrive plus à distinguer le grave du pas grave."

"Arrêter de compter le nombre de morts"

En revanche, en cas de grosse toux et de difficultés à respirer, il faut "commencer par joindre son médecin traitant". "On peut aussi appeler le Samu", complète Patrick Pelloux. "On va concentrer les hôpitaux sur les cas les plus graves, qui représentent 15 à 20% des gens atteints. Parmi eux, on va en sauver un maximum. Dans 98,5% des cas, on guérit du coronavirus, même si on fait un tour en réanimation." À ce sujet, l'urgentiste invite à être "très économes de ces lits de réanimation" et à "tout faire pour en rouvrir". "On en a trop fermé ces dernières années."

Selon Patrick Pelloux, il faut enfin "arrêter de compter le nombre de morts". "Qu'on ait un décompte final, cela ira. Mais là tout le monde a peur. Il faut apaiser un peu le pays, calmer les choses", estime-t-il.

Europe 1
Par Margaux Baralon