Anneau gastrique, bypass… L’Igas s’inquiète des dérives de la chirurgie de l’obésité

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Les chirurgies de l'obésité nécessitent plus de contrôle et une meilleure prise en charge des patients, selon le rapport de l'Igas
Les chirurgies de l'obésité nécessitent plus de contrôle et une meilleure prise en charge des patients, selon le rapport de l'Igas © JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Dans un rapport rendu public mercredi, l'Inspection générale des Affaires sociales alerte sur des chirurgies de l'obésité pratiquées dans des conditions qui ne sont pas optimales pour les patients.

Les chirurgies de l'obésité seraient mal encadrées, selon un rapport de l'Igas (Inspection générale des Affaires sociales) publié mercredi. La mission chargée de ce rapport recommande un meilleur encadrement, plus de contrôles et davantage de surveillance de ces interventions de plus en plus courantes.

Une large hausse des interventions. En dix ans, le nombre d'interventions contre l'obésité a été multiplié par trois pour s'établir à plus de 60.000 par an en 2016. Les auteurs du rapport reconnaissent à la fois que cela est dû à une augmentation des besoins (un Français adulte sur deux est obèse ou en surpoids) et à "l'attractivité de l'intervention" mais pointent également que ce phénomène révèle "l'échec de la prévention de l’obésité" en amont.

Des opérations mal pratiquées. Par ailleurs, les médecins alertent sur des chirurgies "dont l'efficacité a pour corollaire des effets potentiellement graves" et qui seraient mal pratiquées : des dispositifs seraient excessifs et mal posés, les patients seraient mal préparés et le suivi post-opératoire serait insuffisant. Or les auteurs assurent que la chirurgie bariatrique "est une intervention de dernier recours" qui demande un suivi à vie. 

Des interventions trop peu encadrées. Les dispositifs comme la pose d'un bypass ou d'un anneau qui réduit la taille de l'estomac sont devenus plus accessibles financièrement à partir des années 2000. Elles sont peu régulées, rappelle Libération. Elles font l'objet de peu de contrôles et ne nécessitent pas d'autorisation. Pourtant ces opérations ont un coût pour la Sécurité sociale - environ 300 millions d'euros en 2016.

Des disparités. L'Igas pointe également des disparités de prise en charge des personnes obèses car certaines de celles qui pourraient bénéficier d'une chirurgie n'y ont pas accès quand des mineurs sont opérés (une centaine par an, selon le rapport) sans le moindre contrôle. 

À la suite de ces constats, l'Inspection générale fait trois propositions : 

  • Organiser l'offre de chirurgie bariatrique de manière plus cohérente
  • Soutenir la mise en place d'un suivi pré et post-opératoire
  • Renforcer et rénover le dispositif des 37 centres spécialisés