Étiquetage nutritionnel : pourquoi la méthode Carrefour pose problème ?

Carrefour va lancer son système d'étiquetage nutritionnel à la fin de l'année 2014.
Carrefour va lancer son système d'étiquetage nutritionnel à la fin de l'année 2014. © REUTERS
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GROGNE - Des scientifiques fustigent l’étiquetage nutritionnel proposé par Carrefour et réclament un système unique. 

Lorsque vous achetez une machine à laver ou un micro-onde, vous ne pouvez plus échapper à l’étiquette énergétique. Ce code de couleurs qui conseille le consommateur existera-t-il bientôt dans les rayons de vos supermarchés pour les produits alimentaires ? Le conseil des ministres devra en débattre mercredi dans le cadre du projet de la loi de santé. Mais Carrefour a déjà lancé le débat. Le géant de la distribution a décidé de lancer son propre système d'étiquetage. Une méthode déjà très critiquée... 

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Une pétition  contre Carrefour. Dans une tribune publiée lundi dans le Journal international de Médecine (JIM.fr), plusieurs sociétés savantes, dont UFC Que Choisir et la Société française de santé publique (SFSP), estiment que Carrefour aurait dû attendre pour lancer son étiquetage nutritionnel et se conformer à un système unique officiel, validé par les pouvoirs publics. "C’est dangereux pour la santé publique", estime Pierre Lombrail, président de la  SFSP, contacté par Europe1.fr. "Carrefour relativise la portée du message".

Ce que va proposer Carrefour. Le 24 septembre dernier, Carrefour a annoncé la mise en place de son système d'étiquetage nutritionnel. Entre fin 2014 et le printemps 2015, les produits  de marque Carrefour doivent être siglés d'un pictogramme de couleur verte, bleue, orange ou violette, en forme de pyramide inversée. Le groupe n'a pas retenu la couleur rouge, également préconisée par l'Agence sanitaire de sécurité sanitaire (ANSES).

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© Le code de couleurs que va proposer Carrefour.

Les produits Carrefour porteront aussi une indication de fréquence d'utilisation associée à chaque couleur : "trois fois par jour", "deux fois par jour", "une fois par jour" et "de temps en temps". "Ces conseils de fréquence ne se basent sur aucune société savante de nutrition", dénonce Pierre Lombrail, président de la Société française de santé publique. Dans le catalogue proposé par le groupe, certaines incohérences comme "pizza au fromage, à consommer une fois par jour" sont pointées par la pétition.

Carrefour se défend. "On a travaillé avec un comité scientifique", justifie-t-on d'abord chez Carrefour. Accusé de laisser tomber la couleur rouge, le géant de la distribution contre-attaque. "Nous ne croyons pas juste de déconseiller des produits et de stresser inutilement le consommateur", confie un responsable de Carrefour à Europe 1. "C'est une proposition qu'on pose sur la table pour nourrir le débat". Et de renchérir : "nous nous engageons à faire avancer les choses". 

A quand l’étiquetage dans vos rayons de supermarché ? L'étiquetage informant sur la qualité nutritionnelle des aliments pour équilibrer sa nourriture, à l'instar de ce qui se fait déjà pour l'habitat ou l'électroménager, devrait être l'une des mesures phares du projet de la loi de santé qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Dans leur pétition, les signataires demandent aux parlementaires de voter le principe "d'un étiquetage nutritionnel simplifié unique". "Il serait de bon ton que le gouvernement clarifie rapidement la situation et arrête un agenda pour mettre en place cet étiquetage nutritionnel", conclut Pierre Lombrail, président de la SFSP.

L'étiquetage nutritionnel proposé par la Société française de Santé publique :