Suicides chez les policiers : "Des problèmes individuels mêlés à des difficultés du métier" pour Collomb

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Le ministre de l'Intérieur est revenu au micro d'Europe 1 sur la vague de suicides qui frappe les forces de l'ordre. Il doit prochainement rencontrer les syndicats. 

INTERVIEW

La hausse brutale du nombre de suicides chez les forces de l'ordre inquiète les syndicats qui en appellent au ministre de l'Intérieur. Invité jeudi de la matinale d'Europe 1, Gérard Collomb a estimé qu'il fallait, dans chaque cas, démêler le drame personnel des difficultés rencontrés dans le cadre professionnel. "C'est toujours quelque chose de douloureux", reconnaît le responsable gouvernemental. "Je me suis aperçu, la semaine dernière, qu'il y avait une femme atteinte d'un cancer en phase terminale : elle s'est suicidée. Un autre s'est suicidé après avoir perdu sa femme, elle aussi atteinte d'un cancer. Vous voyez, vous avez toujours des problèmes individuels qui se mêlent, après, à des difficultés du métier", veut-il pointer.

"La misère humaine". "Evidemment, les policiers, c’est la face sombre de la société qu'ils voient. Ils sont confrontés à la misère humaine. C'est des conditions de travail extrêmement difficiles", reconnaît Gérard Collomb. "Nous avons mis en place des cellules psychologiques pour soutenir, mais il faut encore aller plus loin". 

Veiller les uns sur les autres. "On ne peut pas passer quasiment un suicidé par semaine dans nos rangs sous silence. Ça n'est plus possible", avait tempêté le 13 novembre au micro d'Europe 1, Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police, déplorant l'absence de mesures pour prévenir les risques psycho-sociaux depuis les vagues d'attentats. "Je rencontre la semaine prochaine les organisations syndicales de manière à pouvoir discuter avec elles. Ma direction générale a donné consigne à tous les directeurs départementaux de veiller avec beaucoup d'attention à cela", précise de son côté Gérard Collomb. "Je dirai même que ce sont les policiers qui ont à veiller à leurs collègues de manière à ce que, lorsqu'il voit un signe de stress ou de dépression, ils fassent très attention à eux".