Sans-abri : "Nous faisons plus qu'il n'a jamais été fait", affirme Jacques Mézard

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Le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard considère toutefois que tous les objectifs n'ont pas encore été atteints pour l'hébergement des sans-abri.
INTERVIEW

En juillet 2017, Emmanuel Macron s'était engagé à ce que "plus personne" ne dorme dans la rue d'ici à la fin de cette même année. Mercredi, le président de la République a reconnu son échec. Invité de la Matinale d'Europe 1 vendredi, le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard a lui aussi admis que le contrat n'avait pas été rempli. "Nous n’avons pas atteint tous les objectifs que nous souhaitons atteindre", a-t-il déclaré.

"Nous avons beaucoup progressé". "Le président de la République a beaucoup d’ambition. Il a fixé un objectif extrêmement ambitieux. Cet objectif n’est pas atteint", a concédé Jacques Mézard. Pour autant, le ministre se réjouit des progrès déjà réalisés, notamment dans l'accueil des SDF pendant l'épisode neigeux qui a touché l'Ile-de-France. "Ce qui est atteint, c’est le fait que sur les appels dirigés sur le 115, nous avons beaucoup progressé. Nous faisons plus qu’il n’a jamais été fait. Cet hiver, nous avons ouvert 10.000 places de plus par rapport à l’année dernière. Je ne dis pas que rien n’a été fait avant, je dis que nous faisons plus et qu’il y a encore beaucoup à faire", a estimé Jacques Mézard.

Travailler avec la mairie de Paris. Alors que la mairie de Paris a organisé dans la nuit de jeudi à vendredi un recensement des personnes dormant dans les rues de la capitale, le ministre de la Cohésion des Territoires a indiqué qu'il ne connaissait pas lui-même le nombre exact de SDF en France. "Je ne dis pas que c’est normal, je dis que c’est extrêmement difficile de le savoir", a-t-il justifié. Le ministre constate que l'heure est venue d'avoir "une vision plus précise" de l'ampleur du phénomène. "Les chiffres que nous avons sont ceux qui découlent des appels au 115", rappelle-t-il. Or, tous les sans-abri ne téléphonent pas. Jacques Mézard annonce par ailleurs qu'il entend "travailler" avec la mairie de Paris : "C’est un objectif commun, c’est une responsabilité collective."

La difficile utilisation des logements vacants. Plusieurs associations d'aide aux personnes sans domicile demandent depuis plusieurs années à ce que les logements et bureaux vacants à Paris puissent accueillir les plus déshérités. Si le ministre acquiesce, il rappelle toutefois la difficulté de mise en oeuvre d'une telle mesure. "Il y a des choses à faire dans ce domaine, mais ce n'est pas non plus la panacée. Dans le projet de loi que nous soumettrons au Parlement avec Julien Denormandie (le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, ndlr) dans quelques semaines, il y a un dispositif permettant de faciliter l'utilisation de bureaux vacants pour de l'hébergement", note-t-il. "Mais si c'était facile, ça fait belle lurette que ça aurait été fait. Utiliser un certain nombre de logements vacants pour de l'hébergement, c'est extrêmement difficile juridiquement", souligne-t-il, rappelant que la priorité était de passer de cet "hébergement d'urgence" au "logement", donc à une solution pérenne.

>> Retrouvez l'interview de Jacques Mézard en intégralité ci-dessous :