Remaniement : Didier Guillaume et Juliette Méadel dans le futur gouvernement ?

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Didier Guillaume, ancien président du groupe PS au Sénat, pourrait entrer au gouvernement. © LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Le nom de ces deux personnalités issues du PS figure sur la liste transmise par le gouvernement à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Ils ne sont pas encore ministres, peut-être ne le seront-ils jamais, mais leur nom circule pour intégrer le nouveau gouvernement, qui tarde à se faire connaître. Didier Guillaume et Juliette Méadel sont sur les tablettes de l'exécutif pour entrer dans la nouvelle équipe d'Edouard Philippe. Selon les informations d'Europe 1, leur nom figure sur la liste transmise par le gouvernement à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), organe mis en place après l'affaire Cahuzac pour s'assurer de la probité des représentants de l'État.

En intégrant ces deux noms dans leur short-list, Édouard Philippe et Emmanuel Macron s'offrent une option à gauche, alors que les propositions du Premier ministre sont jugées trop à droite. 

Deux personnalités très Macron-compatible

Didier Guillaume, 59 ans, est sénateur de la Drôme depuis octobre 2008. Il était président du groupe PS entre avril 2014 et janvier 2018 et fut directeur de la campagne de Manuel Valls, lors de la primaire de la gauche de janvier 2017. En janvier 2018, il annonce son retrait de la vie politique, car pressenti pour devenir président du Groupement d'intérêt public (GIP) chargé d'organiser la Coupe du monde de rugby 2023. Il renonce quand il se rend compte que le poste est symbolique et non rémunéré. De retour au Sénat - il n’avait pas démissionné -, il ne peut rejoindre le groupe PS et siège désormais dans celui des radicaux, le RDSE.

Juliette Méadel, 44 ans, compte déjà une petite expérience au gouvernement, quand elle occupait le poste d'ex-secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes entre février 2016 et mai 2017. Porte-parole du PS entre août 2016 et février 2017, elle a été radiée du PS en février 2018 suite à son rapprochement avec LREM. Elle est actuellement membre du groupe de travail sur le service national universel, voulu par Emmanuel Macron.

Crispation autour de la place Beauvau

Plusieurs noms ont déjà circulé pour intégrer ce nouveau gouvernement, notamment au poste de ministre de l'Intérieur, occupé temporairement par Édouard Philippe depuis le départ de Gérard Collomb. Jean Castex, haut fonctionnaire ayant travaillé à droite avec Nicolas Sarkozy, a été avancé, tout comme celui de Frédéric Péchenard, ancien directeur général de la police nationale, membre des Républicains et lui aussi proche de Nicolas Sarkozy, dans l'optique d'un ticket avec Christophe Castaner. L'ancien procureur de Paris François Molins a également été cité. 

D'après Michaël Darmon, éditorialiste politique à Europe 1, les noms de ces potentiels futurs locataires de Beauvau ne sont pas sans créer de conflit entre marcheurs de droite et marcheurs de gauche. "On est dans une situation de blocage, de tensions autour de la nomination du ministre de l'Intérieur", explique le journaliste. "En fait, les macronistes sont agacés par un constat", analyse encore l'éditorialiste . "C'est Edouard Philippe, issu de la droite, qui à chaque fois propose des solutions." De ce fait, "le centre de gravité [de la macronie] se déplace vers la droite".

La HATVP, étape obligatoire et parfois longue

Créée en 2013, la HATVP dispose des déclarations d'intérêts et de patrimoine de près de 15.000 élus et responsables publics. Si le nom soumis par l'exécutif figure dans son fichier, la transmission d'informations, par téléphone, est très rapide. Elle peut prendre plusieurs jours lorsque ce n'est pas le cas et que la HATVP doit se mettre en relation avec d'autres institutions, notamment l'administration fiscale, pour vérifier les informations données par le ou la ministrable.