Présidentielle : "Je suis le candidat de la France métissée", affirme Benoît Hamon

Benoit Hamon, meeting Rennes crédit : DAMIEN MEYER / AFP - 1280
Benoît Hamon n'envisage pas de se retirer au profit de Jean-Luc Mélenchon car ce sont ses idées qui incarnent le socialisme © DAMIEN MEYER / AFP
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M.R. , modifié à
Benoît Hamon ne croit pas en une victoire de Marine Le Pen et refuse de se retirer au profit de Jean-Luc Mélenchon. Le point d'achoppement entre les deux candidats de gauche ? La sortie de l'Union européenne.

Il ne s'avoue pas vaincu. Alors que Benoît Hamon est distancé dans les sondages d'opinion par le quatuor de tête (Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon), il réaffirme dans un entretien à Libération samedi qu'il est "un combattant" et qu'il incarne "une perspective nouvelle". 

Benoît Hamon ne se retirera pas. Le candidat qui a remporté la primaire de la gauche élargie n'a pas l'intention de renoncer. "Je suis en campagne jusqu'au bout pour convaincre." "Il y aura un bulletin de vote Benoît Hamon." Il n'envisage pas de se retirer au profit de Jean-Luc Mélenchon, qui l'a devancé dans les sondages, pour donner toutes les chances à la gauche d'atteindre le second tour. Car "la France a besoin de la gauche que je représente : sociale, écologiste, européenne et ouverte." 

La sortie de l'UE de Mélenchon n'est pas un projet envisageable. "On ne gouverne pas ou on ne reconstruit pas la gauche sur la sortie de l'Europe", affirme-t-il pour appuyer une nouvelle fois ce qui le sépare du candidat de la France insoumise. Pour Benoît Hamon, rien n'est possible sans le soutien et les financements européens. Donc il ne peut envisager d'adhérer au projet de Jean-Luc Mélenchon de sortir de l'Union européenne. Alors pourquoi a-t-il signé un pacte de non-agression avec lui ? "Parce que mes adversaires sont Marine Le Pen et François Fillon". 

Mais il ne croit pas en la victoire de la candidate du Front national. "La France ne se choisira pas un futur sinistre avec le FN." Et si les jeunes se prononcent pourtant en sa faveur, c'est parce que "là où la République est défaillante se nichent des réponses nationalistes pour certains, fanatiques et religieuses pour d'autres."

Hamon refuse de se "lover dans une nouvelle fable". Le candidat ne fait pas non plus l'impasse sur ses propres faiblesses. Bien que son meeting de Bercy ait été considéré comme un succès, il a considère qu'il a été "moins bon dans le débat télévisé du lendemain". Il aurait été "parfois trop académique". Mais ce creux dans sa campagne ne l'empêche pas de garder sa combativité. "Je fais une campagne qui parle à l'intelligence des citoyens". Il refuse de se "lover dans une nouvelle fable" et parle "à des citoyens, dans leur singularité." 

Et si Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon connaissent un tel succès, c'est grâce à la "disponibilité des Français de gauche". "Parce que les électeurs sont déboussolés". Quant à Manuel Valls qui a refusé de lui accorder son parrainage comme la règle de la primaire l'exige, cela ne le surprend pas car "c'est l'homme du 49.3".

"Emmanuel Macron n'est pas prêt à gouverner." Si Benoit Hamon peine à voir Emmanuel Macron, et son projet "et de droite et de gauche", comme un "candidat de gauche", c'est parce que "son agenda économique et social se situe dans les clous du dogme austéritaire bruxellois. Il n'a aucune ambition en matière écologique." "La gauche favorable à la fin de l'ISF, au contrôle des chômeurs, à l'augmentation de la CSG, à la retraite par points, à la fin du compte pénibilité... Ce n'est plus la gauche." 

Et d'affirmer pour clore la question qu'"Emmanuel Macron n'est pas prêt à gouverner." En cas de victoire du candidat d'En marche !, Benoît Hamon promet même un avenir sombre pour les Français. "Avec Emmanuel Macron, les classes moyennes et populaires seront plus faibles dans cinq ans qu'elles ne le sont aujourd'hui. C'est incontestable."

"Je finis la campagne en très grande forme". Lui se place en "candidat de la France métissée" qui veut incarner "la France laïque aux racines multiples." Des valeurs qu'il juge modernes et en phase avec les principes socialistes. "Je ne crois pas que le socialisme soit une vieille idée." "Je porte une perspective nouvelle. Je refuse de m'accrocher au monde ancien." Et de conclure, "je finis la campagne en très grande forme".