Pour Eric Woerth, la PMA pour toutes "est un engrenage incroyable vers la gestation pour autrui"

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Invité du Grand Rendez-vous sur Europe 1, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy estime que l'ouverture de la PMA aux couples de femmes est un premier pas vers la légalisation de la GPA, qu'il dénonce comme une "marchandisation des corps".
INTERVIEW

La loi bioéthique arrivera en Conseil des ministres le 26 juillet, avec notamment l’extension de la PMA pour les couples de femmes, promesse de campagne d’Emmanuel Macron. La droite, qui s’était fortement mobilisée contre le Mariage pour tous sous François Hollande, semble désormais moins unie sur ce sujet. "Je pense que je suis plutôt opposé à la PMA", a déclaré pour sa part Éric Woerth, le député LR de l’Oise, au micro dimanche du Grand rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, tout en reconnaissant que le sujet était "compliqué".

"Je crois au bonheur des enfants, au bonheur des familles, je crois aussi qu’il y a une filiation naturelle. Je vois que le gouvernement propose des choses très complexes avec l'ouverture d'une troisième condition de filiation", poursuit l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Avant d’avertir : "Je pense que c'est un engrenage incroyable vers la gestation pour autrui."

La marchandisation des corps, "une ligne rouge"

"Je n’ai aucun doute qu’un enfant puisse être heureux élevé pour un couple de femmes, un couple homosexuel ou hétérosexuel, la question n’est pas là. La question est celle de la filiation, du droit aux origines et la GPA, ça n’est pas possible parce que l’on en vient à une vision commerciale, à la marchandisation des corps. C’est une ligne rouge", martèle l’élu.  

Mais Éric Woerth reproche également à la majorité d'instrumentaliser un thème sensible de société pour semer le trouble au sein de l'opposition. "On fait de la PMA et de la loi bioéthique un outil politique, c’est une très mauvaise chose", enchaîne-t-il. "Le gouvernement essaye d'en faire un outil de fracturation de leur propre opposition. [...] C'est une manière assez médiocre d'aborder le sujet", déplore-t-il.