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Louis de Raguenel , modifié à
Gérald Darmanin a vanté, lundi, son bilan en matière de lutte contre l'immigration clandestine et a augmenté la pression sur les Britanniques. Il a notamment appelé de ses vœux un nouveau traité bilatéral avec le Royaume-Uni. Une communication bien huilée à cinq mois de l'élection présidentielle.

Après la réunion de crise dimanche à Calais avec plusieurs ministres de l’Intérieur européens – sans les Britanniques qui ont été "désinvités" - Gérald Darmanin a vanté, lundi, le bilan de son action en matière de lutte contre l’immigration clandestine et a augmenté la pression sur les Britanniques. Il a gardé en tête la politique française et l'élection présidentielle qui arrive.

L'Intérieur muscle son dispositif

Le ministre de l'Intérieur a tout d'abord rappelé l’engagement prochain d’un avion et de deux hélicoptères supplémentaires pour mieux surveiller la côte. Il a aussi annoncé le doublement à venir, le long des frontières françaises, des effectifs des policiers de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière (Ocriest). 

Sur le volet judiciaire, le locataire de la place Beauvau a évoqué la criminalisation de l’aide au séjour en bande organisée, pour mieux lutter contre les passeurs. Une proposition qui ne verra le jour que si le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti s’en saisit. 

Vers un nouveau traité avec le Royaume-Uni ?

Mais le plus important, c’est la coopération avec les Anglais. Gérald Darmanin a plaidé pour un nouveau traité bilatéral dans lequel il leur demande d’accepter plus de demandes d’asile mais aussi de mieux faciliter l’immigration légale au Royaume-Uni. Compte tenu de l’état actuel des relations avec Londres, ce traité a peu de chances d’aboutir. 

Tout l’enjeu politique de cette déclaration pour Gérald Darmanin était donc de montrer à la droite que l’État agit et de préparer le terrain pour Emmanuel Macron qui veut proposer dans dix jours une réforme de Schengen, espace dans lequel il veut appliquer le principe de la non-admission, pour refouler plus facilement les migrants.