Macron et la laïcité : "On aimerait bien savoir ce qu’il propose véritablement pour lutter contre le communautarisme", tacle Bellamy

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Au micro d'Europe 1, le député européen LR ne se prononce pas pour l'interdiction du voile au sein de l’espace public, mais estime toutefois que le gouvernement n'en fait pas assez pour lutter contre le communautarisme.
INTERVIEW

"Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire". Par cette phrase, prononcée en marge de son déplacement à La Réunion, Emmanuel Macron a montré qu’il ne voulait pas de nouvelle loi sur le port du voile et que la législation en place lui semblait suffisante, tout en affichant sa détermination à lutter contre le communautarisme. "On aimerait bien savoir ce qu’il propose véritablement pour permettre de lutter contre le communautarisme qui menace de fracturer notre société", a toutefois relevé l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, invité vendredi de la matinale d'Europe 1.

"Quand il dit que le voile dans l’espace public n’est pas son affaire ; il y a une nécessité qui est celle de rappeler que tout le monde à le droit de croire ou de ne pas croire, et que porter le voile dans l’espace public n’est évidemment pas interdit. Mais cela n’empêche pas de constater qu’aujourd’hui nous sommes devant une forme de fracturation de la société française, qui devient une addition de communautés qui ne se parlent plus, ou ne se retrouvent plus de liens communs. Ça, c’est notre affaire à tous !", poursuit François-Xavier Bellamy, au micro de Sonia Mabrouk.

"Ça fait des mois qu’on nous parle du grand discours que le président doit tenir sur la laïcité, on ne l’a pas encore entendu, et je le regrette", relève encore ce professeur de philosophie.

Interdire le voile aux accompagnatrices scolaires

Si François-Xavier Bellamy ne se prononce pas pour l'interdiction du voile au sein de l'espace public, il estime toutefois que son interdiction à l’école devrait être étendue aux accompagnateurs. Le débat s'est largement cristallisé sur ce point ces dernières semaines après la publication sur les réseaux sociaux, le 11 octobre, d'une vidéo dans laquelle un élu RN exhorte, en marge du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, une accompagnatrice scolaire à retirer son voile. "Il faudrait compléter la loi sur le voile à l’école, qui a permis que les jeunes filles, dans le cadre scolaire, soient prémunies de la pression qui pouvait s’exercer sur elles, et faire que ce cadre scolaire s’étende aussi aux activités périscolaires", déclare François-Xavier Bellamy. "Ceux qui contribuent au service public de l’éducation doivent être impliqués dans l’interdiction qui est faite de porter le voile dans une enceinte scolaire", conclut-il.