les communistes veulent oublier la guerre des chefs

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Une semaine après la rentrée du Front de gauche, qui s'était conclue à Grenoble par une froide poignée de mains entre ses deux leaders Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, les communistes ont tenté ce week-end d'entrer dans une "phase nouvelle" du Front de gauche, à l'occasion des universités d'été du Parti communiste.

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Pour la base du parti, ces invectives desservent les leaders communistes. Rémi Quinton, nouveau militant d'Antibes, ne "comprend pas cette bataille d'ego à laquelle (les communistes) n'ont pas envie de prendre part". Le jeune homme de 30 ans a décidé de rejoindre le PCF après la campagne présidentielle retentissante de Jean-Luc Mélenchon, mais regrette que, depuis, le leader du Front de gauche ait "changé". "C'est très loin des préoccupations des gens, le débat est parfois hors-sol. On a l'impression que le Parti de gauche cherche à nationaliser les élections municipales qui ont aussi une part locale", déplore-t-il.

"On ne peut pas parler de municipales uniquement comme une question nationale", approuve Marie-Pierre Vieu, dirigeante communiste en charge des relations avec le Front de gauche. "Les élus PCF des municipalités sont le bien commun du Front de gauche", ajoute-t-elle.

"On nous somme de nous expliquer, de choisir. Le Front de gauche ou rassemblement de la gauche", a lancé Pierre Laurent lors de son discours de clôture des universités. "Nous, nous voulons tout", a-t-il dit, "nous voulons le Front de gauche pour pouvoir reconstruire le rassemblement de la gauche". Pour les municipales " nous allons choisir. Nous le ferons même démocratiquement par les votes de nos adhérents, commune par commune", a-t-il répété. Comme à Grenoble, le chef de file des communistes a demandé "qu'on en finisse avec la fable des élus que nous irions quémander. Derrière chaque élu communiste (...) il y a des décennies de batailles ouvrières, de conquête politique (...) Les communistes ne sont au garde-à-vous de personne!"

Laurence Rossignol, porte-parole du PS, venue participer à un débat sur les sujets de la rentrée en a profité pour faire de nouveau un appel du pied pour les municipales. "Le rassemblement et la synthèse dans nos collectivités locales se fait parfaitement", a-t-elle dit malgré des "divergences nationales". "Nous avons dès aujourd'hui à travailler au rassemblement", a répété la socialiste agitant la menace d'une "droite mobilisée, radicalisée". "Nous devons être rassemblés au niveau local pour assumer nos différences au niveau national", a-t-elle ajouté.

Un appel pas toujours bien perçu par les militants qui ont interpellé la porte-parole socialiste sur le "sentiment unitaire à deux vitesses" du PS qui n'hésite pas à présenter des candidats socialistes face à des communistes sortants, comme dans le bastion PCF de Saint-Denis près de Paris. Dans cette commune, il n'y a aucun risque de basculement à droite, s'était défendu cette semaine le candidat PS déclaré, le député Mathieu Hanotin.