"Il a fallu la crise sociétale pour montrer que le maire est l’élu qui a la confiance des Français", estime Gérard Larcher

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Au micro d'Europe 1, et en marge de l'ouverture du Congrès des maires de France, Gérard Larcher, le président du Sénat, a tenu à rappeler l'importance des élus locaux dans le lien entre les citoyens et l'Etat.
INTERVIEW

Alors que s'ouvre mardi le Congrès des maires de France, Gérard Larcher, le président du Sénat, a estimé au micro d'Europe 1 que la crise des "gilets jaunes" avait fait la démonstration auprès du gouvernement de l'utilité des élus locaux. "Il y a un an, c’était 'balance ton maire'. Il a fallu la crise sociétale pour montrer que le maire est l’élu qui a la confiance des Français", a-t-il déclaré.

Après s’être vu reprocher une certaine distance vis-à-vis des corps intermédiaires et des petits élus, Emmanuel Macron s’est finalement largement appuyé sur les maires pour mettre en place le "Grand débat national", qui a vu émerger une série de propositions pour sortir de la crise sociale déclenchée par l’occupation des ronds-points. Parmi elle : la proposition de loi "Engagement et proximité", portée par Sébastien Lecornu, et supposée faciliter le quotidien des élus locaux.

De quoi redorer la relation des maires avec le chef de l'Etat ? "Cette relation s’inscrit dans le mandat le plus difficile qu’aient eu à faire les maires entre 2014 et 2020", commence par répondre le sénateur, qui évoque la baisse des dotations pendant cinq années successives, la montée des incivilités et, enfin, la loi sur la nouvelle organisation territoriale "qui a bouleversé le rôle et la place du maire entre commune et intercommunautalité".

Pour Gérard Larcher, la confiance du président de la République vis-à-vis des maires reste encore "à prouver". "Les maires sont comme Saint Thomas. Ils regardent dans les faits, mais je souhaite que cette confiance soit retrouvée", poursuit l'élu. "Je ne vois pas comment, dans cette société de défiance, qui doute, qui est en crise sociale, si l’on ne s’appuie pas sur le relais des 550.000 élus locaux, dont les 35.000 maires, on peut redresser ce pays", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David