"Gilets jaunes" : Gérald Darmanin met en garde contre "le risque de désunion nationale"

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Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin estime que la France traverse une crise identitaire. © ERIC FEFERBERG / AFP
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Un jour avant l'acte 4 de la mobilisation des "gilets jaunes", Gérald Darmanin a estimé dans un entretien publié vendredi que la grogne actuelle était le fruit de 30 ans d'inégalités territoriales et sociales" qui traduit une crise identitaire.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin met en garde contre "le risque de désunion nationale" et un scénario antisystème à l'italienne, dans un entretien au Figaro paru vendredi, veille d'une nouvelle mobilisation à hauts risques des "gilets jaunes".

"Un moment difficile pour le gouvernement et la démocratie". "Le risque de la France, c'est l'Italie plus la violence", affirme le ministre, interrogé sur la possibilité de transformation du mouvement des "gilets jaunes" en une force politique antisystème tel que le Mouvement 5 Etoiles en Italie. "Nous devons écouter le peuple et nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre les réformes pour continuer à transformer notre pays , afin de préserver notre modèle social", estime-t-il, jugeant le "moment difficile pour le gouvernement et la démocratie".

Une crise "identitaire". Selon lui, cette crise est le "fruit de 30 ans d'inégalités territoriales et sociales", elle ne traduit "pas seulement un ras-le-bol fiscal" mais elle est aussi "identitaire". "Les Français se demandent quel est le rôle de l'Europe, (...) ils se posent la question de l'avenir de nos enfants, s'interrogent sur la place des religions et notamment de l'islam", développe-t-il. "Cela fait longtemps que le pays est au bord de la rupture", poursuit-il, "le président est très conscient de la situation" et il parlera, "quand il le jugera bon".

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"Le risque de désunion national est très important". "Mais quelle est l'alternative à Emmanuel Macron ? Marion Maréchal ou Jean-Luc Mélenchon ? Si nous ne sommes pas tous responsables, le risque de désunion nationale est très important", s'alarme Gérald Darmanin, qui appelle à aider Emmanuel Macron "à réussir pour le bien de notre peuple". Néanmoins, "la majorité et le gouvernement gagneraient à être plus humbles", concède-t-il, tout en appelant l'opposition "à être plus responsable" notamment au nom du respect des institutions.

Pas de nouvelle taxation du capital. Concernant l'Impôt sur la fortune immobilière, le ministre se refuse à tirer des conclusions sur ce dispositif après six mois d'application. Estimant, en revanche, que l'ISF "a contribué à empêcher (l')économie de croître" du fait de l'évasion fiscale, Gérald Darmanin se refuse "à taxer de nouveau plus le capital, qui crée le travail, pour satisfaire le ressentiment de certains".