Coronavirus : en coulisse, des ministres reconnaissent "ne pas avoir donné le bon signal"

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© AFP
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Sept mois après le début de la crise sanitaire, le gouvernement tente de maintenir son cap et vante une bonne gestion de la situation. Mais en privé, des ministres n'hésitent pas à regretter la doctrine de l'exécutif et pointent un plan de relance "pensé comme si le virus avait disparu." 

Entre la crise sanitaire et la crise économique, le gouvernement tente de garder la maîtrise dans cette rentrée difficile, mais en coulisses, dans les couloirs des palais et des hôtels particuliers, le moral est au plus bas au sein de l'exécutif. En petit comité, un poids lourd du gouvernement l'avoue : "À propos du Covid, on a raté un truc en laissant croire qu'on était sorti de la difficulté." Une petite phrase qui en dit long... et qui confirme ce qui se murmure au sommet de l’État, lorsque les portes sont fermées : "La fin du déconfinement ne signifiait pas la fin de la pandémie, on n’a pas donné le bon signal, il ne fallait rien lâcher", entend-on dans les couloirs du pouvoir ces derniers jours. 

Un plan de relance "pensé comme si le virus avait disparu"

Au sommet de l’État, certains n'hésitent pas à critiquer vivement les mesures prises et dénoncent un plan de relance "pensé comme si le virus avait disparu." Résultat, le déconfinement a été raté. Or, celui qui a été chargé de le mettre en oeuvre, Jean Castex... a été nommé à Matignon. 

Ces phrases en coulisses sont un nouvel épisode dans une rentrée compliquée pour le gouvernement. Mi-septembre, le ministre de la Santé Olivier Véran était désavoué publiquement à propos des masques par Stanislas Guerini, patron de LREM. Lorsque le premier disait depuis le début de la crise qu'il "ne voudrait pas que les Français pensent qu'on leur aurait caché l'utilité du masque parce qu'on en aurait manqué", le second affirmait "qu'avec le recul, on sait qu'on aurait dû dire plus simplement qu'il n'y en avait pas assez, et que c'était la raison principale de les réserver à la première ligne de front".

Des phrases en off après des couacs en public

Une semaine plus tard devant la commission d'enquête du Sénat, Florence Parly, ministre des Armées, reconnaissait avoir affirmé à tort, en mars, que les militaires revenus de mission en Chine début 2020 avaient été testés au Covid-19.

"Nous retrouverons les jours heureux", avait promis Emmanuel Macron dans son allocution du 13 avril, faisant une référence historique au programme Conseil national de la résistance. Mais pour l’instant, la guerre contre le coronavirus se poursuit... et certains ministres, en privé, n'ont pas le sourire. 

Europe 1
Par Michael Darmon, édité par Ariel Guez