Attaque à la préfecture de police : "Les lanceurs d’alerte ne doivent pas être stigmatisés s’ils se sont trompés"

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Le ministre de l’Intérieur a annoncé une nouvelle mesure pour lutter contre la radicalisation. Il souhaite mettre en place un "signalement automatique". Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des cadres de la sécurité intérieure, appelle à la vigilance pour ne pas que la situation vire à la chasse aux sorcières.
INTERVIEW

À la suite de l’attaque à la préfecture de police de Paris qui a fait quatre morts jeudi, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé une nouvelle mesure pour lutter contre la radicalisation. Il souhaite mettre en place un "signalement automatique" pour répondre aux "dysfonctionnements" qui ont conduit au drame. Les alertes relayées à l’oral par les collègues de Mickaël Harpon, qui faisaient notamment remonter des propos choquants tenus par l’assaillant au sujet des attentats de Charlie Hebdo en 2015, n’avaient en effet pas fait l’objet d’un "signalement formel".

"Il faut pouvoir faire remonter de manière officielle et non pas orale, tout changement de comportement : une radicalisation religieuse ou des positions politiques extrêmes, comme la mise en cause des agissements de l’État", soutient sur Europe 1 Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des cadres de la sécurité intérieure.

Agir et prévenir dès la formation des agents

Il appelle cependant à la vigilance afin que l’instauration du "signalement automatique" ne donne pas lieu à une "chasse aux sorcières" au sein des services. "Il faut que ceux qui pourraient être les lanceurs d’alerte puissent être écoutés et ne soient pas stigmatisés s’ils se sont trompés", prévient-il.

"Dès la formation, il faut prévenir tous les agents de l’État que, s’ils se radicalisent, cela va être incompatible avec tout un tas de services, et que s’il y a des preuves de liens par exemple avec des salafistes, cela pourra être rédhibitoire."

Selon le syndicaliste, il est également important de revoir les procédures de remises des habilitations secret-défense. "L’habilitation est revue tous les sept ans : peut-être faudrait-il réduire ce délai pour que, s’il y a des signalements, on puisse déclencher une enquête secret-défense avant la fin de la période", propose-t-il.

"On est capable de le faire à la direction générale de la sécurité intérieure, qui a prié des agents de partir parce que ces personnes étaient devenues très actives dans le milieu ultragauche, au cours de la période de sept ans."