Arrêts maladie de protestation aux urgences : "Il y a d’autres moyens de revendiquer", estime Agnès Buzyn

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Au micro d'Europe 1, la ministre de la Santé a assuré que le gouvernement allait continuer de prendre des mesures pour permettre le désengorgement des urgences en France.
INTERVIEW

Alors que la canicule frappe la France, les grèves dans les services des urgences ne cessent de prendre de l'ampleur. Lundi soir, toutes les infirmières de l'hôpital de Besançon se sont mises en arrêt maladie pour 15 jours, suivant l'exemple des soignants de l'hôpital Lariboisière à Paris, début juin. "Je pense qu'il y a d’autres moyens de revendiquer", a réagi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, interrogée mercredi à ce sujet par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1.

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"Elles peuvent évidemment être fatiguées, et je suis absolument convaincue que certains soignants sont épuisés du fait du rythme. Le travail aux urgences est épuisant psychiquement […]", concède la ministre. "À l’échelon individuel, il est normal que des gens, à un moment, se mettent en arrêt de travail, soient fatigués", ajoute-t-elle. "Mais quand un service entier - 15 personnes - décident de se mettre en arrêt de travail, on signe autre chose. On signe la volonté de faire connaitre les difficultés."

"Ils mettent quand même en situation difficile leurs collègues qui ont été amenés à poursuivre leur journée après 12 heures de travail, et qui ont dû continuer dans la nuit parce qu’on ne peut pas laisser un service d’urgences vide", s’agace Agnès Buzyn. "Nous avons largement écouté les revendications des urgentistes et des personnels soignants aux urgences", estime encore la ministre. "Nous avons apporté des solutions, et nous allons encore en apporter."

70 millions d’euros pour résoudre le conflit social aux urgences

Agnès Buzyn a annoncé une enveloppe immédiate de 15 millions afin de renforcer les effectifs des urgences pendant l’été. Une somme qui correspond à un poste par hôpital, sur tout le territoire. "Mais tous les services ne sont pas en difficultés. Il y a des services d’urgences en zone rurale où le nombre de passages est faible", justifie la ministre de la Santé. "Il faut aider les services en surchauffe parce qu’il y a énormément de passages."

En tout, le gouvernement a promis de débloquer à plus long terme un total de 70 millions d’euros pour résoudre le conflit social aux urgences. "J’ai mis en place une prime de risque […] qui représente 100 euros net de plus par mois pour tous les personnels non médicaux. Cette prime est pérenne, ce n’est pas un one shot", se félicite la ministre. "J’ai également débloqué des budgets pour rénover des services d’urgence", ajoute-t-elle.

Europe 1
Par Romain David