Affaire Benalla : deux motions de censure, un gouvernement d'apparence serein

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Christian Jacob, le patron du groupe LR, défendra la motion de censure de la droite devant les députés mardi (image d'archives).
Christian Jacob, le patron du groupe LR, défendra la motion de censure de la droite devant les députés mardi (image d'archives). © BERTRAND GUAY / AFP
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Dans le sillage de l'affaire Alexandre Benalla, deux motions de censure contre le gouvernement vont être défendues à l'Assemblée nationale mardi, avant un vote qui n'a aucune chance d'aboutir.

Point d'orgue de l'offensive à l'Assemblée sur l'affaire Benalla, le gouvernement fait face mardi à deux motions de censure, de droite et de gauche, dont le rejet attendu ne garantit pas la fin des répercussions politiques du scandale.

Deux motions défendues à l'Assemblée

Deux motions à défendre. Après dix jours de crise autour de l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron, et à la veille de la pause estivale des députés, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) prendront la parole à partir de 15 heures pour défendre ces motions, les premières de l'ère Macron. Suivront les autres chefs de file des groupes politiques.

 

Un Édouard Philippe au front. Avant les votes sur chacune, c'est le Premier ministre qui donnera la réplique, pour s'expliquer à nouveau sur le comportement d'Alexandre Benalla, mis en examen après des violences le 1er mai, et sur la réaction de l'Élysée et l'Intérieur. Édouard Philippe (ex-LR) "répondra factuellement et calmement, tout en tenant un discours offensif" et "ce sera aussi l'occasion de souligner la vacuité de certaines polémiques", indique-t-on à Matignon. 

Cette affaire, qui a fortement secoué la majorité et provoqué le report de l'examen de la révision constitutionnelle, est le résultat d'"une dérive individuelle", et non pas "une affaire d'État", avait soutenu le chef du gouvernement il y a une semaine devant les députés.

Droite et gauche contre le gouvernement

"Le gouvernement à failli", selon LR. Mais les oppositions n'en démordent pas. Premiers à dégainer jeudi, Les Républicains dénoncent "des manquements graves dans le fonctionnement de nos institutions (...) aux niveaux les plus élevés de l'État". Leur patron Christian Jacob juge que "le gouvernement a failli" face à une "dérive monarchique" du président, à qui il demande de "s'adresser solennellement aux Français".

Emmanuel Macron est sorti il y a une semaine de son silence, lançant devant gouvernement et majorité réunis que "le seul responsable de cette affaire, c'est moi et moi seul !". Depuis, il a évoqué une "tempête dans un verre d'eau", et cherche à tourner à la page, alors qu'il chute dans plusieurs sondages.

Une obstruction à l'enquête, selon la gauche. À gauche, socialistes, communistes et Insoumis ont surmonté leurs divisions pour rassembler les 58 signatures nécessaires à leur motion, seul "moyen" selon eux d'obtenir des explications, face notamment à une "obstruction" de la majorité dans la commission d'enquête de l'Assemblée - la commission a implosé avant la fin de ses travaux. La motion ne va pas "tout régler" mais peut "au moins rétablir l'ordre républicain", selon Jean-Luc Mélenchon, qui avait été le premier à la proposer. Olivier Faure y voit "une alerte" pour le gouvernement.

Des votes sans suspense

Des motions qui seront rejetées. Le groupe LR décidera mardi s'il vote la motion de gauche, les Insoumis voteront celle de droite. Les socialistes n'y joindront pas leurs voix, le numéro un du parti expliquant ne pas vouloir "donner le sentiment que nous pourrions (...) faire ensemble front commun contre le gouvernement, pour le remplacer ensemble". Aucun suspense sur les scrutins : ni LR avec 103 députés, ni la gauche avec 63, ne peuvent, même en votant tous les uns pour les autres, rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement. Le Rassemblement National de Marine Le Pen votera les deux motions.

Une "réaction de citoyen", pour Benalla. Pour sa part, le jeune homme, en pleine campagne médiatique, revendique "une réaction de citoyen" contre des manifestants qu'il qualifie de "casseurs", et déplore "la folie qui s'est emparée de cette histoire banale". Une nouvelle enquête vient d'être ouverte pour d'autres violences le 1er mai dans la capitale.