Départementales : l’UMP et les démons du "ni-ni"

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LE POINT NI-NI - Le premier parti de l'opposition n'appelle à voter ni pour le FN, ni pour le PS au second tour. Une position qui fait débat en interne.

Le premier tour des départementales a livré son verdict. Une autre campagne s'ouvre désormais. L'un de ses enjeux sera le report de voix des candidats UMP éliminés. Garniront-elles l'escarcelle du FN ou celle du PS ? Nicolas Sarkozy a en tout cas refusé de donner la moindre consigne à ses troupes, si ce n'est de choisir en leur âme et conscience. Ce qui devrait donner lieu à quelques polémiques. Europe 1 vous explique tout.

• C'est quoi le 'ni-ni' ?

Le "ni-ni", c'est la stratégie officielle de l'UMP quand l'un de ses candidats est éliminé au premier tour. Que faire, dès lors, dans ce cas de figure ? Appeler à voter PS pour faire barrage au FN, comme le fait la gauche en sens inverse ? Non, Nicolas Sarkozy a tranché à l'issue du premier tour des cantonales, en 2011 : l'UMP n'a pas à prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Et c'est toujours vrai en 2015. Un choix stratégique qui revient à mettre sur un même plan extrême droite et gauche, et marque une rupture avec la ligne du front républicain époque Jacques Chirac.

• Ces candidats qui s'affranchissent du 'ni-ni' ?

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"L'UMP n'appellera à voter ni pour le Front national, ni pour les candidats de gauche". Nicolas Sarkozy a répété, dimanche soir, sa position. Et si le Bureau politique de l'UMP l'a également validé cela n'empêche pas certains de faire déjà entendre leurs différences. C'est le cas d'Alain Juppé, qui "respecte" la consigne officielle, mais affirme qu'il n'a pas varié dans sa "priorité" qui reste de "faire barrage au FN". Ou de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se souvient bien que  "la position de l'UMP c'est le ni-ni", mais cela dit, "maintenant chacun est avec sa conscience sur ces sujets-là", a déclaré sur France 3 la vice-présidente déléguée de l'UMP, comme pour laisser une petite porte ouverte.

Un candidat UMP s'y est (presque) engouffré. Dans le canton de Contes, dans les Alpes-Maritimes, Michel Lottier, qualifié pour une triangulaire face au FN et au Front de gauche, a ainsi annoncé dans un premier temps son intention de se retirer de la course, comme le relate Nice-Matin. Avant de se raviser lundi matin. Un premier cas qui devrait, sans doute, en appeler d'autres dans les jours à venir.

• L'allié UDI pose problème

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Si l'UMP s'enorgueillit de sa première place, il la partage toutefois avec l'UDI, avec qui des listes communes avaient été préparées. Mais si tout s'est bien passé en amont, il risque d'y avoir quelques fritures sur la ligne dans l'entre-deux-tours. Car si l'UMP est fidèle à son "ni-ni", Jean-Christophe Lagarde, patron des centristes, a appelé lundi matin à "faire barrage à l'extrême droite". Autant dire que les discussions risquent d'être animées dans certains binômes, avec un candidat UDI appelant à voter PS et son colistier UMP s'y refusant.

• A gauche, c'est haro sur le 'ni-ni' ! (court)

Meadel

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Quelques minutes après l'annonce des premiers résultats, Manuel Valls s'est félicité de voir que "le FN n'est pas le premier parti de France". Et il aurait bien aimé que l'UMP soit sur la même longueur d'ondes que lui, ce qui n'est pas le cas. "Je regrette la position de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, c'est une faute morale et c'est une faute politique", a-t-il déclaré sur RTL, évoquant le "ni-ni". "Quand on a à choisir entre un candidat républicain et le Front national, on n'hésite pas. La gauche, elle n'hésite pas", a-t-il lancé, paraphrasant François Hollande il y a quelques semaines. Juliette Meadel, porte-parole du PS(photo), a elle aussi estimé sur Europe 1 que "le 'ni-ni', c'est une lâcheté coupable, on ne se mouille pas et on permet au FN d'avoir des responsabilités locales".

• Et les Français, ils en pensent quoi au fait ?

La question de la porosité entre l'électorat UMP et le FN doit donner quelques maux de tête à Nicolas Sarkozy. Car les sondages se suivent et le constat est à chaque fois le même : une majorité des électeurs de l'UMP sont pour des alliances de circonstance avec le FN. Mais le président de l'UMP peut se rassurer sur un point : selon un sondage  Harris interactive réalisé dimanche, ils sont 41% à souhaiter que l'UMP ne donne pas de consignes, contre 37% qui préféreraient que le parti de Nicolas Sarkozy appelle à voter pour le candidat de gauche afin de faire barrage au  FN.

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