Ce candidat UMP prêt à faire gagner le FN

Pour le maire de Saintes-Maries de la Mer, "Marine Le Pen n'est pas Jean-Marie Le Pen, c'est une deuxième génération".
Pour le maire de Saintes-Maries de la Mer, "Marine Le Pen n'est pas Jean-Marie Le Pen, c'est une deuxième génération". © MAXPPP
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avec Nathalie Chevance , modifié à
LEGISLATIVES - Roland Chassain veut faire battre son adversaire PS dans les Bouches-du-Rhône.

Pour Roland Chassain, c'est "tout sauf Vauzelle". Prêt à tout faire pour que son adversaire socialiste soit battu lors des législatives, le candidat UMP dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône appelle à s'entendre avec le FN. Quitte à faire fi de la ligne fixée par la direction de l'UMP pour les législatives. 

"Marine Le Pen n'est pas Jean-Marie Le Pen"

Car pour le maire de Saintes-Maries de la Mer, "Marine Le Pen n'est pas Jean-Marie Le Pen, c'est une deuxième génération", explique-t-il au micro d'Europe 1. Et peu de différences existent, selon lui, entre son programme et celui du FN. "J'ai toujours été très à droite de la droite, quand je lis le programme de la candidate du FN - non au vote des immigrés, non à l'assistanat... -, c'est mon programme !", s'exclame celui qui avait battu le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur aux législatives de 2002, avant que celui-ci ne retrouve son siège de député en 2007.

Pour Roland Chassain, ce rapprochement avec la candidate frontiste Valérie Laupies est d'autant plus nécessaire que, d'après lui, l'UMP est menacée dans la région. "En Provence, où le Front national est très fort, si on ne dialogue pas, on n'aura demain plus aucun député, plus aucune ville", prévient-il. "Si on continue comme ça, à droite on va perdre toutes les élections. Les 10 ou 15% qui manqueront chaque fois en triangulaire, on va élire quelqu'un de gauche", s'inquiète-t-il au micro d'Europe1.

Le maire de Saintes-Maries de la Mer appelle donc "les responsables de l'UMP" à "regarder les choses en face". "Il faut que les Parisiens sortent de leurs bureaux dorés, qu'ils arpentent les rues et les quartiers... Alors ils comprendront que l'UMP et le FN sont amenés à se côtoyer pour reprendre le pouvoir ! ", martèle l'élu des Bouches-du-Rhône.

Vauzelle appelle à la "résistance républicaine"

De son côté, le député socialiste Michel Vauzelle a lancé jeudi un "appel à la résistance républicaine" face à "l'UMP-FN". "L'UMP a perdu la tête, c'est une hydre maintenant et nous avons un UMP-FN qui est en train de se dessiner avec des hommes comme Roland Chassain qui appellent à se désister pour le Front national", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Marseille. Présente à ses côtés, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des personnes handicapées et candidate PS à Marseille dans la 5e circonscription a affirmé que Roland Chassain "dit tout haut ce que d'autres, peut-être, pensent tout bas".

Que Roland Chassain "démissionne de l'UMP ou alors que les choses soient claires : si l'UMP le soutient, alors on saura qu'il n'y a plus d'opposition républicaine dans ce pays", a lancé la ministre.

"Pas d'alliance électorale ni de discussion"

La ligne de l'UMP fixée par Jean-François Copé le 9 mai dernier est pourtant claire : "pas d'alliance électorale ni de discussion avec les dirigeants du Front national". Une mise au point devenue nécessaire au lendemain de la présidentielle. Chez les "ultras" de l'UMP, plusieurs voix se sont en effet élevées pour réclamer la fin du "cordon sanitaire" à l'égard du parti frontiste. Les députés Dominique Tian (candidat à Marseille) et Maryse Joissains (candidate dans la 14e circonscription des Bouches-du-Rhône), ont laissé entendre qu'ils seraient prêts à discuter avec leurs rivaux FN pour le second tour des législatives.

Le secrétaire général de l'UMP a donc tapé du poing sur la table. Si localement certains passent un accord avec le FN, Jean-François en tirera "toutes les conséquences au niveau national". Un avertissement auquel Roland Chassain est resté sourd.

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