Bettencourt : Fillon évoque une manipulation

© REUTERS
  • Copié
avec agences , modifié à
Le Premier ministre monte au créneau après la publication d'un livre sur la juge Prévost-Desprez.

Alors que l'opposition exige des clarifications, l'exécutif et l'UMP démentent vigoureusement les affirmations d'Isabelle Prévost-Desprez et mettent en cause l'attitude de la magistrate. Dans le livre de deux journalistes du Monde, Sarko m'a tuer, la juge affirme qu'un témoin aurait vu Nicolas Sarkozy recevoir de l'argent en liquide chez Liliane Bettencourt.

L'Elysée a immédiatement démenti les propos de la juge d'instruction, déchargée en 2010 du volet sur l'abus de faiblesse reproché à François-Marie Banier . "Ce sont des allégations scandaleuses, infondées et mensongères", a fait savoir la présidence de la République.

Publiant pour l'occasion un communiqué, François Fillon a, lui, évoqué la thèse de la manipulation, regrettant, "qu'au mépris de toute règle déontologique, de telles allégations visant le président de la République, à l'évidence dénuées de tout fondement, viennent nourrir la rumeur dans ce qu'elle a de plus détestable et de plus insidieux".

"A quelques mois de l'élection, il ne faut être dupe de rien"

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est de son côté étonné du timing de ces révélations. "On est à quelques mois de l'élection, il ne faut être dupe de rien", a-t-il déclaré, évoquant ainsi à demi-mot une manipulation politique. "Je crois comprendre que c'était hors procès-verbal, que ce sont des attaques de la part d'un juge en exercice.

"Tout cela est quand même un peu étonnant" :

A l'issu du bureau politique de l'UMP, il a ajouté : "Nous sommes, nous à l'UMP, profondément indignés et choqués". Jean-François Copé a par ailleurs décoché une pique à Isabelle Prévost-Desprez en soulignant qu'on avait déjà "vu des juges d'instruction s'engager en politique après", comme Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle.

Valérie Pécresse, la porte-parole du gouvernement, a de son côté critiqué l'attitude de la magistrate. "Quand on a des accusations à porter, on ne les porte pas dans un livre ou dans la presse, on les porte devant la justice", a-t-elle estimé, avant d'ajouter que "c'est la justice qui dit la vérité dans ce pays".

"La méthode utilisée est pour le moins particulière" : 

"Une campagne de dénigrement envers le président"

Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP, a dénoncé pour sa part "l'opération médiatique" autour du livre "Sarko m’a tuer", en s'indignant de son titre faisant référence à la phrase "Omar m'a tuer" et à l'assassinat de Ghislaine Marchal, une "affaire criminelle réelle"."La sortie de ce livre correspond à une véritable opération politico-commerciale que certains veulent transformer en campagne de dénigrement, sans preuve, envers le président de la République", souligne dans un communiqué le responsable UMP.

Sur son blog, Jean-Pierre Raffarin accuse la magistrate de "prendre des libertés avec l'Etat de droit". "Si un juge a des accusations à formuler, la justice lui offre toutes ses voies d’actions", "un juge n’accuse pas dans un livre, écrit par d’autres, sur un dossier pas encore jugé", assène encore l'ancien Premier ministre.