Procès de la «martyre de l'A10» : la mère de la fillette prise à partie par des manifestants à Blois

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avec AFP
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[ALAIN JOCARD / AFP]

Au premier jour du procès des parents d'Inass Touloub, retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'A10, la mère de la fillette a été prise à partie lundi à la sortie du tribunal de Blois par des membres du collectif Mouv'Enfants. Son père est également jugé pour complicité.

La mère d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10, a été prise à partie par des manifestants à l'issue de la première matinée de son procès à Blois ce lundi 2 novembre, a constaté l'AFP.

Une poignée de membres du collectif Mouv'Enfants, qui a organisé une action devant le tribunal avant l'ouverture de l'audience, a suivi Halima El Bakhti, 72 ans, sur une centaine de mètres à sa sortie du palais de justice en criant "Justice pour Inass" ou "la honte".

Les manifestants de ce mouvement constitué d'anciennes victimes de violences, qui se décrit comme engagé pour les droits et la protection des enfants, ont également collé des photos du visage tuméfié de la fillette sur des murs du palais de justice.

L'accusée, jugée depuis lundi matin devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner, s'est retrouvée acculée contre un mur, protégée par son avocat Me Camille Radot.

"Cette petite est encore seule aujourd'hui"

Au moins trois policiers ont dû maîtriser Arnaud Gallais, président du collectif Mouv'Enfants. La mère a ensuite pu quitter les lieux après plusieurs minutes. "Quand on a retrouvé Inass Touloub, elle avait des traces de fer partout, elle avait des traces de morsures etc., il faut que les gens paient", s'est-il justifié. "Il faut que ces gens-là payent et il faut que la justice paye aussi".

"Cette petite est encore seule aujourd'hui, hormis les associations qui sont là pour défendre ses intérêts", a affirmé Arnaud Gallais. Aux côtés d'Halima El Bakhti, le père âgé de 74 ans, Ahmed Touloub, est lui aussi jugé pour "complicité".

Leur procès marque l'aboutissement d'un des plus anciens "cold cases" français. Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10, n'a été identifiée qu'en 2018 à la faveur d'un rebondissement permis grâce à un prélèvement ADN dans une autre affaire.