La princesse "Diana avait un côté manipulateur extraordinaire", raconte le prince Michel de Grèce

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Marié en 1965 à une roturière, ce descendant des Orléans et des Romanov a renoncé à ses droits sur le trône grec mais a été un observateur privilégié des familles royales européennes et des personnages du siècle.
INTERVIEW

Alors que la naissance du "Royal baby" du Prince Harry et de Meghan Markle est imminente (ou a secrètement déjà eu lieu), un autre membre de la royauté européenne était l'invité d'Isabelle Morizet samedi après-midi sur l'antenne d'Europe 1. Le prince Michel de Grèce, descendant de Louis XIII et qui a renoncé à tous droits sur le trône grec pour épouser une roturière en 1965, était l'invité de l'émission ll n'y a pas qu'une vie dans la vie. Alors que sort son ouvrage intitulé Avec ou sans couronne, il a raconté ses rencontres avec quelques-uns des grands personnages du siècle.

"Vous n'avez aucune vie privée"

Renoncer à la couronne par amour ? Un geste fort a priori, mais qui a aussi été salvateur pour le prince Michel de Grèce, historien et auteur issu des familles d'Orléans et des Romanov. Quand il épouse Marina Karélla, une artiste sans titres, au milieu des années 1960, il s'écarte du protocole. "Aujourd’hui, tout le monde le fait. À mon époque, c’était tout de même une exception. Ça a créé quelques remous, j’ai donc dû renoncer à mes droits au trône. Ça a l’air très romantique, en réalité ça ne l’est pas vraiment, j’étais le dernier de la file. Ça m’a fait ni chaud ni froid, ça m’a soulagé", commente le petit fils du roi de Grèce Georges Ier.

Le prince confie encore : "Le métier de roi n’est pas enviable, il faut travailler beaucoup. On n’est pas plus riche qu’un autre ! Oui, on a des belles maisons, on est bien servi mais c’est une responsabilité 24 h sur 24. Vous êtes critiqué du matin au soir, vous êtes sous les feux de la rampe. Vous n’avez aucune vie privée et dès qu’il y a une crise, tout le monde vous tombe dessus en disant que c’est de votre faute."

Lady Di, entre compassion et manipulation

Mais dans ce contexte, il trouve néanmoins que des grandes figures royales maîtrisent la fonction à merveille, à l'instar de la reine d'Angleterre Elisabeth II. "Elisabeth est la plus grande professionnelle que j’ai vue de ma vie. Elle sait ce métier par cœur. Je pense que c’est la femme la plus connue du monde entier. C’est dans le genre un génie pour moi", souligne le prince qui brosse un portrait bien plus contrasté de son ex belle-fille disparue, la très populaire Lady Di.

Entendu sur europe1 :
De Gaulle était prodigieux (...) un metteur en scène de lui-même parfait. Quand il est venu chez nous en Grèce, c’était effectivement un souverain qui visitait des provinces reculées

"Diana n’a pas laissé un très bon souvenir dans sa belle-famille, la famille royale. Les fils aimaient leur mère et le prouvent. Ils ne ratent pas une occasion de rappeler son souvenir. Et ils sont absolument seuls. Ils le font avec noblesse. Les deux garçons qui sont populaires, ont hérité de leur mère une sorte de compassion, de sympathie pour les gens (...) Elle était sincère dans son amour des gens. Mais aussi, il y avait un côté manipulateur extraordinaire. Elle a manipulé les médias avec génie. Elle a compris comment ça fonctionnait, qu’il fallait montrer de la compassion et manipuler la presse, et que c’était les deux leviers pour un personnage, une stature populaire", décrit le prince de Grèce.

En tant que membre de famille royale, il a aussi été un observateur privilégié des hommes politiques français, et notamment de Charles de Gaulle, venu en Grèce en 1963. "Il était prodigieux. Déjà quand j’habitais la France en tant qu’étudiant, dès qu’il apparaissait à la télévision, c’était un happening unique. Maintenant, tous les politiciens, c’est un débit d’eau tiède. Lui, c’était fascinant, un immense spectacle, un metteur en scène de lui-même parfait. Quand il est venu chez nous en Grèce, c’était effectivement un souverain qui visitait des provinces reculées", s'amuse encore le prince, qui avait lui même été reçu à l'Elysée par le Général.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy