Du requin en supermarché : les révélations inquiétantes du journaliste Hugo Clément

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hugo clément 6:28
Le journaliste Hugo Clément était invité lundi dans "Culture médias" sur Europe 1. © Capture d'écran Europe 1
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Les animaux menacés, c'est le nouveau sujet que le journaliste Hugo Clément explorera dans le magazine "Sur le front", diffusé mardi sur France 2. Au micro d'Europe 1, il dévoile quelques éléments de cette enquête, notamment sur la pêche et la vente de requins menacés. Selon Hugo Clément, cet animal se retrouve dans certains supermarchés français. Une pratique souvent trompeuse pour le consommateur. 
INTERVIEW

France 2 diffusera mardi le troisième volet de Sur le front, la nouvelle série documentaire dédiée aux questions environnementales de France Télévisions. Dans ce numéro consacré aux animaux menacés, le journaliste Hugo Clément se penche notamment sur la vente de requin dans les supermarchés français. Au micro de Philippe Vandel lundi, il dit avoir découvert que certaines enseignes vendaient illégalement du veau de mer dans leurs rayons poissonnerie alors que cette espèce est menacée. 

"On vend encore du requin, des espèces protégées et menacées dans certains supermarchés français et dans certaines poissonneries", lance Hugo Clément, qui s'est notamment rendu dans un Intermarché du Lot-et-Garonne pour mener son enquête. "On peut retrouver du requin renard (aussi appelé veau de mer) en l'occurrence, en poissonnerie, en supermarché. Cela pose problème parce que les gens qui viennent acheter cette chair ne savent pas forcément que c'est une espèce menacée d'extinction", précise le journaliste. 

La vente de veau de mer permise par "une faille de la législation"

Comment, en France, ces filets de requins peuvent-ils se trouver sur les étals des poissonneries ? À cause d'"une faille de la législation", répond Hugo Clément. "Quand les requins sont capturés de manière accidentelle, que l'on retrouve un requin menacé dans un filet, on a le droit de le vendre sauf qu'évidemment personne n'est là pour vérifier que la capture est accidentelle. C'est impossible à vérifier", explique-t-il. 

À la suite de cette découverte, Hugo Clément a contacté le groupe Intermarché pour obtenir des explications. Dans un extrait téléphonique du documentaire diffusé dans Culture médias, une représentante s'écrie : "Oh non ! Ohlala ! Oui, je sais ce qu'est un requin renard [...] Le groupement interdit la vente d'espèces protégées et menacées. Mais parfois, il s'avère que des chefs d'entreprise... Appelez ça une erreur ou une ignorance. Je ne sais pas comment ça arrive là. C'est forcément un cas isolé", se désole-t-elle. 

De son côté, Hugo Clément estime que ces ventes de veau de mer sont plus fréquentes que ne l'affirme le groupe Intermarché. "C'est quand même des cas isolés qui se reproduisent assez régulièrement concernant cette enseigne", affirme-t-il. 

Des compléments alimentaires douteux 

Autre produit incriminé dans cette enquête : les compléments alimentaires à base de cartilage de requin. "Quand on achète ça, on lit juste que c'est pour aider à renforcer les os, les cartilages, les articulations, que c'est plein de vitamines C", décrit-il, preuve à l'appui, en montrant une boîte de compléments alimentaires, dans les studios d'Europe 1. "En fait, en regardant les ingrédients, on lit 'centrophorus squamosus'. Évidemment, personne ne sait ce que c'est. C'est du latin", poursuit Hugo Clément. 

Cette expression s'avère être "le nom scientifique du Squale-chagrin de l'Atlantique, un requin menacé d'extinction", révèle le journaliste. Hugo Clément explique avoir retrouvé plusieurs boîtes de ce type dans les supermarchés français. "On retrouve dans des capsules, dans des compléments alimentaires vendus en supermarchés en banlieue parisienne du requin menacé d'extinction, sans le savoir. C'est clairement une tromperie pour le consommateur car le mot 'requin' n'est marqué nulle part sur cette boîte de compléments alimentaires", explique-t-il. 

Si le mot est indiqué sur certaines boîtes, le consommateur n'a pas toutes les clés en main pour en savoir plus. "Ils ne donnent jamais l'espèce", pointe Hugo Clément. "On ne sait pas s'il s'agit de requin menacé ou non." 

Dans le monde, il existe environ 500 espèces de requins : un tiers d'entre elles sont menacées d'extinction. 

Europe 1
Par Tiffany Fillon