Tensions Iran-Israël : "Il y a une fusion des théâtres de risque", estime Le Drian

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Pour Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, invité mercredi sur Europe 1, il n'y a pas de risque imminent de guerre entre Iran et Israël mais la situation n'en est pas moins préoccupante.
INTERVIEW

L'Iran fait monter la pression. Téhéran a annoncé mardi la mise en route d'un plan visant à augmenter sa capacité à enrichir l'uranium, faisant frémir les Européens qui cherchent à sauver l'accord international sur le nucléaire iranien et laissant poindre un risque de guerre entre l'Iran et Israël. "On n'en est pas là", estime Jean-Yves Le Drian, invité mercredi au micro de Patrick Cohen sur Europe 1, tout en rappelant toutefois que "depuis quelques semaines, il y a une fusion des théâtres de risque".

La question iranienne "n'est pas réglée". "Il y avait la crise syrienne avec les drames que l'on connaît et il y avait la question iranienne qui était réglée pour partie par les accords de Vienne" encadrant le nucléaire iranien, rappelle-t-il. "La nouveauté, c'est que les deux théâtres sont en train de fusionner. La preuve, Israël a frappé des postes avancés iraniens en Syrie. C'est une question qui devient très dangereuse".

Par ailleurs, la question iranienne "n'est pas réglée sur une toute autre partie pour laquelle nous avons un diagnostic commun y compris avec Israël", assure le ministre. "Ce qui se passe après 2025, que ce soit la volonté des Iraniens de se doter d'une capacité de projection de missiles très importantes et de les sous-traiter à des groupes comme le Hezbollah pour qu'ils puissent s'en servir et la volonté hégémonique de l'Iran d'être présent dans la région, directement ou par groupes interposés, n'est pas acceptable". 

Un cadre global de négociations. Jean-Yves Le Drian plaide pour qu'un "cadre global de négociations soit mis en place au sujet de l'ensemble de la question iranienne", "tout en maintenant l'accord de Vienne". "Car c'est une avancée, il empêche l'Iran d'avoir accès à l'arme nucléaire. C'est un acquis qui a été signé par beaucoup de partenaires. Les Etats-Unis s'en sont dégagés mais les autres sont restés. Il faut aller au delà", pointe-t-il, jugeant par ailleurs que si l'initiative de l'Iran d'augmenter sa capacité à enrichir l'uranium est "malvenue", car il est "toujours dangereux de flirter avec les lignes rouges", cela reste aujourd'hui "dans le cadre de l'accord de Vienne".

Des réflexions sur l'avenir de la Syrie. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères estime qu'il faut essayer d'aboutir "à un règlement de la question syrienne pour faire en sorte qu'un processus vertueux de pacification puisse se mettre en oeuvre". "Le processus initié par les Nations Unies n'avance pas. Par ailleurs, un processus initié par le groupe d'Astana avec la Turquie, l'Iran, la Russie, n'a pas permis de mettre en place un processus clairement opérationnel car en grande partie Bachar al-Assad s'y refuse. Et il y a un autre groupe restreint qui essaye d'avancer sur un processus de paix".

"Il faut que tout ce monde-là se parle", insiste-t-il. "On va mettre en place une articulation entre les réflexions de ces groupes sur les sujets majeurs qui concernent l'avenir de la Syrie : l'intégrité de ce territoire, comment on modifie la constitution pour aboutir à une sortie de crise et le processus électoral. Sur ces trois points là, on peut avancer. Et Israël est directement concernée car elle sent bien qu'il y a un risque pour sa sécurité".