"Les ONG font partie d'un système profondément erroné", affirme le procureur de Catane

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Le procureur réclame la création de centres d'accueil gérés au plan international.
Le procureur réclame la création de centres d'accueil gérés au plan international. © Karpov / SOS MEDITERRANEE / AFP
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Carmelo Zuccaro avait déjà affirmé en début d'année avoir des preuves de contacts entre des ONG et des passeurs. 

Carmelo Zuccaro, procureur de Catane, en Sicile, a estimé samedi que les ONG, qui portent assistance aux migrants en Méditerranée, "font partie d'un système profondément erroné, qui confie les portes d'accès à l'Europe à des trafiquants et à des criminels sans scrupules".

Un habitué des propos polémiques. "C'est l'aspect erroné des choses qui ne correspond ni au sens d'humanité, ni de solidarité", a estimé Carmelo Zuccaro, en marge d'un congrès sur l'immigration qui se tient dans sa ville. Carmelo Zuccaro avait suscité une polémique en début d'année en assurant avoir "des preuves" de contacts entre des passeurs et des ONG, tout en mettant hors de cause celles déjà établies comme Médecins sans frontières (MSF) ou Save the Children.

Les ONG avaient vivement réagi à ces propos, réaffirmant que leur action visait uniquement à sauver des vies sur une route migratoire qui a fait des milliers de morts ces dernières années en Méditerranée.

Le procureur réclame des centres d'accueils gérés au plan international. Le magistrat, spécialisé dans les dossiers liés à l'immigration clandestine, a par ailleurs estimé que "la création de centres d'accueil gérés au plan international permettrait d'obtenir de bien meilleurs résultats en termes de vies humaines sauvées et d'histoires de violences et d'abus évités". "C'est l'unique moyen, à mon avis, de mettre vraiment fin au trafic honteux d'êtres humains de la part d'organisations criminelles", a-t-il ajouté.

L'idée de créer des "hotspots", des centres pour recenser les migrants, dans les pays de départ ou de transit a été une nouvelle fois évoquée lors de la rencontre, vendredi à Paris, entre le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

Europe 1
Par Europe1.fr avec AFP