Le pape voudrait refuser tout appel aux prêtres condamnés pour pédophilie

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Le souverain pontife s'exprimait devant les membres de la commission d'experts qu'il a créée pour lutter contre la pédophilie.
Le souverain pontife s'exprimait devant les membres de la commission d'experts qu'il a créée pour lutter contre la pédophilie. © AFP
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Le pape François souhaite qu'ils n'aient plus la possibilité de faire appel de leur procédure canonique et assure qu'il n'accorderait jamais de grâce dans ce type d'affaire.

Le pape François a souhaité jeudi que les prêtres condamnés pour pédophilie n'aient plus la possibilité de faire appel de leur procédure canonique et assuré qu'il n'accorderait jamais de grâce dans ce type d'affaire. Le souverain pontife s'exprimait devant les membres de la commission d'experts qu'il a créée pour lutter contre la pédophilie, dans un discours improvisé, en italien, qualifié d'ouvert et franc par les journalistes qui ont pu l'entendre depuis la salle de presse du Vatican.

"Pour ces crimes, je ne signerai rien". Le Saint-Siège a cependant diffusé un texte plus convenu, en espagnol, en précisant que ce serait ce discours prévu qui resterait dans les annales du Vatican. "Un abus sur mineur, s'il est prouvé, est suffisant pour qu'un appel ne soit pas recevable. Si les preuves sont là, la peine est définitive", a assuré le pape dans son discours improvisé. Le pape s'exprimait alors sur les procédures canoniques menées au Vatican contre les prêtres accusés de pédophilie à travers le monde, indépendamment d'une éventuelle procédure pénale dans le pays, et pour lesquelles la peine maximale reste la perte du statut de prêtre. "Et pour ce qui est des demandes de grâce au pape, moi pour ces crimes je ne signerai rien", a-t-il assuré.

"Dans un seul cas, j'ai écouté les arguments d'un évêque, celui de Crema (près de Milan), qui voulait retirer toutes ses charges au prêtre coupable mais pas son statut clérical. Devant les deux possibilités, j'ai choisi la plus bienveillante. Mais après deux ans, il a rechuté. C'est la seule fois où je me suis trompé, et j'en ai tiré la leçon", a déclaré le pontife argentin.

Une prise de conscience "tardive" de l'Église. Alors que les deux anciennes victimes qui faisaient partie de la commission ont pris leurs distances en dénonçant un manque de collaboration au sein du Vatican, le pape a reconnu que l'Église avait pris du retard. "La prise de conscience des faits par l'Église est arrivée un peu tard, (... et) les moyens pour résoudre le problème arrivent tard aussi. C'est une réalité, la vieille pratique de déplacer d'un diocèse à un autre (les prêtres pédophiles) a un peu endormi les consciences", a reconnu le pontife argentin.

Dans le discours officiel qu'il n'a pas lu mais remis aux membres de la commission, le pape a dénoncé "le scandale des abus sexuels" comme "une terrible ruine pour l'ensemble de l'humanité" et "une expérience très douloureuse pour l'Église". "Nous avons honte des abus commis par les ministres sacrés, qui devraient être les plus dignes de confiance", avait-il écrit en répétant sa promesse de "tolérance zéro".