Le ministre allemand de l'Intérieur appelle à une interdiction partielle de la burqa

Burqa 1280x640
© FETHI BELAID / AFP
  • Copié
avec AFP , modifié à
Cette interdiction partielle de la burqa pourrait s'appliquer, selon le ministre, dans les salles de cours, sur la route ou dans les établissements de service public.

Le ministre allemand de l'Intérieur a appelé vendredi à une interdiction partielle de la burqa, alors que le thème de l'intégration des musulmans et la lutte contre la radicalisation dominent le débat depuis des attaques en juillet et avant des élections régionales.

Incompatible avec l'Allemagne. Thomas de Maizière a, après une réunion avec ses homologues conservateurs des Länder d'Allemagne, relevé que "la burqa n'est pas compatible avec notre pays ouvert sur le monde (...) et la question est comment nous allons régler juridiquement cette question". "Nous sommes d'accord pour rejeter la burqa, nous sommes d'accord que nous voulons légalement introduire le principe de montrer son visage là où c'est nécessaire pour notre société : au volant, lors de procédures administratives, au service de l'état civil, dans les écoles et les universités, dans le service public, devant les tribunaux", a-t-il dit à l'antenne de la chaîne télévisée ZDF.

"Inconstitutionnelle" selon ses opposants. Il n'a cependant pas donné de calendrier pour introduire cette interdiction, alors que cette idée, soutenue largement dans les rangs conservateurs, n'a pas l'adhésion des sociaux-démocrates du SPD, alliés au sein du gouvernement à la CDU d'Angela Merkel et Thomas de Maizière. "On va avancer étape par étape, mais je pense que beaucoup de choses peuvent être approuvées", a-t-il dit, après avoir exclu la semaine dernière une interdiction générale du voile intégral qui serait, selon lui, inconstitutionnelle.

Des mesures à venir. Le ministre doit, au cours d'une conférence de presse, présenter vendredi en fin de matinée une "déclaration de Berlin" sur la sécurité et l'intégration signée de tous les ministres de l'Intérieur conservateurs des Etats-régions allemands. Après une série d'attaques en juillet dont certaines revendiquées par le groupe Etat islamique, Thomas de Maizière avait déjà annoncé une série de mesures le 11 août pour renforcer la sécurité dans le pays, notamment la déchéance de nationalité pour les combattants djihadistes binationaux à l'étranger, des renforcements des moyens humains et techniques de la police et des services de renseignement.