Israël : des milliers d'Arabes israéliens manifestent contre une loi controversée

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La loi a été votée par le Parlement le 19 juillet avec le soutien de Benjamin Netanyahu. © AFP
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La loi, adoptée en juillet, définit l'État hébreu comme la nation du peuple juif et proclame que l'hébreu est la seule langue officielle du pays. Un statut

Des milliers d'Arabes israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour dénoncer une loi controversée définissant Israël comme l"État-nation du peuple juif". Le rassemblement sur la place Yitzhak Rabin a été organisé à l'initiative d'organisations représentant la minorité arabe israélienne qui constitue 17,5% de la population, alors que la semaine dernière, une énorme manifestation avait réuni des druzes, une autre minorité, opposée aussi à cette loi.

Citoyens de seconde zone. Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël en 1948. Pour les minorités druze et arabe, la loi fait d'eux des citoyens de seconde zone. Des juifs israéliens se sont joints aux manifestants qui ont crié en hébreu et en arabe "égalité, égalité", "on ne se taira pas, l'Apartheid ne passera pas", tout en traitant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "fasciste".

Hébreu, seule langue officielle du pays. La loi votée par le Parlement le 19 juillet avec le soutien de Benjamin Netanyahu confère aux juifs le droit "unique" à l'autodétermination en Israël et proclame que l'hébreu est la seule langue officielle d'Israël alors que l'arabe n'a qu'un statut "spécial" qui n'a pas été défini. Aucun article ne mentionne l'égalité entre les citoyens ou le caractère démocratique du pays, faisant craindre que le caractère juif d'Israël ne prime sur les autres principes. Ce texte inquiète d'autant plus les minorités que le document fait partie des lois fondamentales qui font office de Constitution, inexistante en Israël.

Cinq appels ont été déposés contre la loi devant la Cour suprême. Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu'il n'avait pas l'intention d'amender la loi en expliquant que sans ce texte, "il sera impossible de garantir pendant des générations l'avenir d'Israël comme État national juif".