Guerre au Moyen-Orient : les Houthis du Yémen se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, route stratégique vers la mer Rouge

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avec AFP
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Capture d'écran d'images diffusées par la TV officielle des Houthis, Al-Masirah, montrant des soldats assurant contrôler la route vers la mer Rouge. [AFP PHOTO / AL-MASIRAH TV]

Les forces armées houthis ont conquis une très stratégie route d'accès menant au détroit de Bab el-Mandeb, qui permet le passage entre la mer d'Arabie et la mer Rouge. Le régime iranien a salué cette "victoire éclatante" tandis que l'Arabie saoudite se retrouve prise au piège et a fermé l'oléoduc Est-Ouest.

Les Houthis pro-iraniens se sont emparés, ce vendredi 11 septembre, de la côte yéménite sur la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, au terme d'une offensive éclair qui consolide leur emprise sur ce passage stratégique reliant l'Europe à l'Asie. Dans un développement salué par Téhéran, ces combattants, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa et Hodeida (ouest), ont avancé vers le sud en quelques jours à peine.

"Tout ce qui était sous notre contrôle sur la côte occidentale est tombé", a indiqué à l'AFP un responsable militaire du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par Ryad.

Les cours du pétrole s'affolent à nouveau

L'Arabie saoudite voisine, premier exportateur mondial de brut, se retrouve prise en étau, alors que le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Mais les Houthis ont cherché à rassurer la communauté internationale: "la navigation est sûre pour toutes les compagnies à l'exception des navires saoudiens, qui ont déjà été interdits d'accès", a déclaré le porte-parole militaire du mouvement, Yahya Saree.

Les pétroliers et navires commerciaux empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rallier la mer Rouge puis le canal de Suez et la Méditerranée, et en sens inverse vers l'océan Indien. En cas de blocage, la seule alternative, beaucoup plus longue et coûteuse, est de contourner l'Afrique par le sud et le cap de Bonne-Espérance.

Signe de la fébrilité des marchés, les cours du pétrole ont franchi cette semaine le seuil symbolique des 100 dollars, le baril de Brent, référence internationale, évoluant vendredi autour de 104 dollars.

Une "victoire éclantante" selon un conseiller de l'ayatollah iranien

Les Houthis, qui avaient entamé leur offensive la semaine dernière, se sont emparés jeudi du port de Mokha et de l'île de Zugar, avant la conquête décisive de celle de Mayyoun (connue aussi sous le nom de Périm), située au coeur du détroit, et enfin des deux dernières îles du couloir maritime, la Grande et la Petite Hanish, d'après des sources gouvernementales. 

Pour tenter de reprendre les territoires perdus, l'Arabie saoudite a mené des frappes sur l'aéroport de Mokha, selon la chaîne de télévision Almasira, affiliée aux Houthis. Les forces armées gouvernementales ont aussi annoncé des raids, appelant les civils à éviter certaines routes.

Alors que les chefs de la diplomatie iranienne et saoudienne se sont entretenus jeudi de la situation dans la région, un conseiller du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a qualifié vendredi de "victoire éclatante" la dernière percée des Houthis.

Abdulhamid Dhaifallah, un de leurs partisans qui vit à Sanaa, a lui aussi salué des "succès majeurs, qui ont permis de libérer les îles de la mer Rouge en l'espace de 72 heures". "Ils se préparaient à ce front depuis quatre ans", a-t-il souligné.

Donald Trump avait refusé des frappes sur le Yémen demandées par Ryad

Les affrontements au Yémen depuis la semaine dernière ont fait des centaines de morts dans les deux camps, principalement des combattants, et jeté sur les routes près de 46.000 personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Les Houthis ont également lancé une vaste attaque cette semaine contre l'Arabie saoudite, tirant notamment mercredi plusieurs missiles balistiques et drones.

Selon le média américain Axios, citant des responsables américains, le président américain Donald Trump a refusé d'ordonner des frappes contre les Houthis, comme lui avait demandé Ryad.

La situation au Yémen a fait l'objet d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi. L'envoyé spécial pour le Yémen, Hans Grundberg, a réclamé un "engagement actif" de cette instance "pour s'éloigner de ce qui pourrait être le précipice vers un conflit bien plus dangereux".