Le parquet polonais a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour acte à "caractère terroriste" à la suite de la tuerie qui a fait six morts à Cracovie.
Drapeaux en berne, bougies et recueillement : la Pologne en deuil s'est réveillée choquée dimanche, au lendemain de la tuerie perpétrée à Cracovie par un jeune "fasciné" par les idées d'extrême droite, qui a abattu six personnes et en a blessé quinze. Le tueur est soupçonné d'avoir fait au total neuf morts après la découverte de ses parents et de sa soeur, gisant à leur domicile avec des blessures par balles, à deux heures de route de Cracovie.
Le parquet a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour acte à "caractère terroriste". La place du marché, au coeur de la vieille ville prisée des touristes, restait interdite aux visiteurs, et ses cafés, restaurants et boutiques de souvenirs gardaient pour la plupart porte close, selon des journalistes de l'AFP.
Des habitants demandaient aux policiers en faction de pouvoir franchir le cordon pour aller déposer une bougie sur les lieux du drame, en vain. Les enquêteurs refaisaient le parcours du tueur, à la recherche d'indices, de témoignages.
Terrorisme d'intérieur
"Je suis effondrée. Notre ville ne sera jamais plus la même après ce qui est arrivé hier", témoignait auprès de l'AFPTV Weronika Filar, une employée de 27 ans. "C'est un des endroits les plus sûrs au monde". Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, ce pays d'Europe de l'Est de 38 millions d'habitants, ravagé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, a retrouvé la guerre à ses frontières. Il est néanmoins réputé sûr et les actes de violence y sont relativement rares.
Plusieurs attaques au couteau commises contre des établissements scolaires par de jeunes attaquants se sont produites ces derniers mois, motivées selon le Premier ministre Donald Tusk par "un culte de la violence" entretenu sur les réseaux sociaux. Mais les Polonais n'avaient pas connu pareil massacre de civils depuis la fin du régime communiste (1944-1989).
"Depuis une bonne décennie, on parle de la menace terroriste extérieure. Or, le terrorisme a frappé la Pologne de l'intérieur", constatait dimanche le quotidien de référence Gazeta Wyborcza. Mesure de la tragédie: le clairon sonné chaque heure par les pompiers de garde depuis le clocher de l'église Sainte-Marie, sur la place du marché de Cracovie, n'a pas résonné depuis samedi soir, une première depuis 1939.
Deux jours de deuil national ont été décrétés dimanche et lundi. Les drapeaux sont en berne, les programmes des radios bouleversés.