Fusillade à Cracovie : le bilan grimpe à six morts, l'acte qualifié de «terroriste» par le Premier ministre polonais

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avec AFP
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Un homme a ouvert le feu sur des passants samedi à Cracovie, faisant six morts et une quinzaine de blessés selon un dernier bilan. Un acte qualifié de "terroriste" par le Premier ministre Donald Tusk.

Un homme "fasciné par les idéologies d'extrême droite" a ouvert le feu sur des passants samedi à Cracovie, vitrine touristique de la Pologne, faisant six morts et une quinzaine de blessés, un acte qualifié de "terrorisme" par le Premier ministre Donald Tusk.

Au domicile du tireur, qui a été hospitalisé, les policiers ont en outre découvert trois corps, deux femmes et un homme. Probablement ses parents et sa sœur. La Pologne, où les fusillades mortelles sont rares, marquera deux jours de deuil national dimanche et lundi après le drame qui a créé un choc au delà de son ancienne capitale historique, très prisée des touristes.

"En Pologne, nous n'avons pas connu de cas de terrorisme aussi radicaux, car c'est bien ainsi qu'il faut nommer cet atroce attentat contre la vie des gens ici, à Cracovie", a déclaré Donald Tusk lors d'une conférence de presse sur place.

Les faits se sont produits vers 15H00 (14H00 GMT). Un homme, un Polonais de 24 ans, a fait irruption en voiture sur la célèbre place du marché et s'est mis à tirer "au hasard", selon un porte-parole de la police.

Quatre femmes et deux hommes ont été tués, dont un ressortissant britannique. Quinze blessés ont été hospitalisés, selon le ministre de l'Intérieur.

Une journaliste de l'AFP parvenue sur les lieux peu après les faits a vu des personnes allongées au sol, de nombreux véhicules de secours et policiers en armes ainsi que des hélicoptères survolant les lieux du drame.

Daniel Wolny, un musicien de 32 ans, a raconté à l'AFP avoir entendu des coups de feu sur place: "J'ai vu derrière moi des corps étendus. J'ai vu une personne morte, qui ne bougeait plus, et plusieurs personnes allongées un peu plus loin, que d'autres essayaient encore de réanimer". "On ne peut pas décrire ça", a ajouté ce témoin.

Le tireur blessé 

Le tireur a été blessé lors de son arrestation et a été hospitalisé. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent un policier tirant à plusieurs reprises et à courte distance sur un homme en tenue militaire, masqué et casqué, muni d'un fusil semi-automatique AR-15.

D'autres armes et une grande quantité de munitions ont été découvertes dans sa voiture, a déclaré Katarzyna Cislo, de la police de Cracovie, sur la chaîne d'information TVN24. Selon le ministre de l'Intérieur, Marcin Kierwinski, "tout porte à croire qu'il avait des opinions très, très radicales".

"Tout indique qu'il était fasciné par des idéologies d'extrême droite. Même si cela devra encore être vérifié", a-t-il affirmé. Samedi soir, le quartier de la place du marché, au cœur de la vieille ville particulièrement prisée des touristes et très fréquentée le week-end, restait entièrement bouclé.

"C'est en arrivant ici qu'on a découvert ce qui s'est passé", a expliqué à l'AFP, Stella, venue de France visiter le camp de concentration d'Auschwitz, qui se trouve à une heure de route de Cracovie. "Ça fait très peur de se dire qu'il y a toujours des risques en Europe, des risques de nature terroriste", a dit la jeune femme de 22 ans.

 Alerte maximale

Le drame a suscité de nombreuses réactions internationales, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, déplorant une "tragédie". Les répercussions de cet événement "se feront sentir bien au-delà des frontières de la Pologne", a-t-elle souligné sur X.

Les fusillades mortelles sont rares en Pologne, pays d'Europe de l'Est de 38 millions d'habitants, membre de l'Union européenne et de l'Otan. Mais le pays était en état d'alerte maximale après une série d'attaques au couteau en octobre, que Donald Tusk a dénoncées comme participant d'un "culte de la violence" alimenté par les réseaux sociaux.

Et la Pologne connaît une forte augmentation du nombre de permis de détention d'armes. En 2025, plus de 50.000 nouveaux permis ont été accordés, portant leur nombre à 411.000, selon la police. Cette tuerie survient par ailleurs en pleine crise politique. Le gouvernement de centre-droit de Donald Tusk a fait intervenir la police au Tribunal constitutionnel de Varsovie pour empêcher des manifestants d'y pénétrer.

Son président, proche du parti ultra-conservateur Droit et Justice (PiS) qui soutient le chef de l'Etat nationaliste Karol Nawrocki, a été destitué, mais le face-à-face entre forces de l'ordre et manifestants se poursuit.